Mamadou Aliou Tché Diallo honoré : la voix emblématique de la RTG célébrée par la Maison de la Presse
4 mai 2026
Figure emblématique de la Radiodiffusion Télévision Guinéenne, Mamadou Aliou Tché Diallo, récemment honoré par la Maison de la Presse, revient sur son parcours exceptionnel, sa voix singulière devenue légendaire et son engagement de plusieurs décennies au service du journalisme guinéen. Il nous a accordé une interview
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Guinee3.net : M. Mamadou Aliou Aliou THIÉ Diallo, vous êtes connu, vous êtes une grande voix. Peut-être de la Révolution, on ne connaît pas la Révolution, mais on vous connaît à la RTG. D’où vient cette belle voix ? Expliquez-nous un peu.
Mamadou Aliou Tché Diallo: Mais c’est un don de Dieu, c’est tout. C’est tout. Et quand, parfois, je parle, on me dit « Quelle est la dame qui parle ? » Je dis « Non, mais regardez, je n’ai pas la pompe d’Adam.
» Donc, voilà. Et même certains techniciens de Radio Guinée disaient que « Voilà, vous partez pour un stage en Allemagne, alors demandez à ceux que les Allemands vous donnent un micro spécial pour que, quand vous devez faire des interventions, que ce soit ce micro. Parce que vous avez une voix incorrigible.
» J’ai dit non. Ma voix, c’est ma voix, je la respecte, c’est terminé. C’est tout.
Donc, je n’ai pas de complexe par rapport à ça. Je pense que ce qui compte, ce n’est pas la voix elle-même, mais c’est plutôt ce qu’on dit, le message qu’on libère. C’est ce qui est important.
Guinee3.net : Le message est important, mais la voix aussi est hyper importante. Vous le savez autant que moi. Oui, la voix est importante.
Mamadou Aliou Tché Diallo : Quand même, par rapport même à des jeunes que j’ai formés qui n’avaient pas une voix radiophonique…
Guinee3 net : La voix est tout aussi importante que le message contenu. Mais à la base, vous étiez enseignant ou vous étiez journaliste ?
Mamadou Aliou Tché Diallo: C’est une question importante. A la formation, je suis journaliste, historien. D’abord, parce que j’ai fait Philo-histoire à Gamal Abdel Nasser( université de Conakry).
Mais maintenant, il a fallu, après la formation, j’ai été orienté à la radiodiffusion nationale. Mais c’est grâce à ma première formation avec Radio France Internationale que j’ai eu les premières aptitudes nécessaires pour la pratique professionnelle du métier. C’est tout. Voilà. Donc, c’est grâce à Radio France Internationale, grâce à la voix de l’Allemagne aussi, donc la Deutsche Welle. Et ensuite, grâce à la radiotélévision Le Caire, donc en Égypte, pour les différentes formations reçues.
C’est tout. Mais le tout, quand même, repose sur une base de culture générale acquise, n’est-ce pas, à l’université. Voilà. Donc, vous voyez, beaucoup disent que j’ai pris du poids. Je dis effectivement, parce que c’est la retraite, que c’est maintenant que je me repose. Parce que pendant la Première République, voilà, c’était directement le boulot.
Mais ensuite, sachez qu’à chaque fois, il y avait des manifestations. Et quand il y avait des manifestations, le président( Sékou Touré) exigeait chaque fois qu’il y ait la tribune colorée. Donc, c’est moi qui étais sur le toit de la tribune colorée, n’est-ce pas, pour diriger les 1 400 élèves du CEER 2. Donc, aujourd’hui, c’est le lycée-collège, n’est-ce pas, de Donka. Donc, en ce temps, j’étais étudiant. Donc, je pouvais faire deux mois sans suivre les cours.
Mais heureusement, le soir, je prenais encore les cahiers d’un de mes camarades pour recopier , une manière pour moi de se mettre à jour. Et une fois la cérémonie terminée, je reviens à l’université. Et là, les professeurs m’interrogeaient maintenant oralement . C’est comme ça. Et chaque fois que je pense à cette période, voilà, parfois je frémis.
J’ai encore peur, pensant que toujours, encore, j’étais étudiant. Donc, on a travaillé beaucoup pendant cette période. Ensuite, c’est à encore à cette période-même que j’ai fait tous les grands magazines que vous connaissez. Et encore, j’ai eu quand même cette chance-là que le président de la République ait demandé… — Le président de la République , Lansana Conté demandé ? c’est vous-même ? — Il( Lansana Conté) a envoyé un de ses garde-corps pour demander la copie d’un de mes magazines que j’ai eu à faire. Alors, comme je ne venais pas tôt, le militaire est encore reparti à la présidence sans l’enregistrement. Le président Conté lui a dit « Sors, ne reviens pas si tant que tu n’as pas la copie de l’émission ». Donc, je pense qu’à deux reprises, il a demandé mes émissions.
Et quand même, c’est là que je remarque… Non, je réalise la qualité des recherches ensuite de la production, n’est-ce pas, que j’ai eu à faire. Donc vraiment, d’autres personnalités, comme l’ancien président de l’Assemblée nationale.
Mais ce qui compte, c’est la santé. Et voilà. Et ensuite, mon dernier poste à la radio, c’est directeur de programme de Radio Guinée. Donc pendant dix ans, je pense que j’ai été le premier à occuper ce poste pour une durée de dix ans. Mais ça n’a pas du tout été, n’est-ce pas, un repos pour moi. Donc tous les jours du matin, quand je sors le matin à la maison, c’est la nuit que je rentre.
Ça, c’est tous les jours, tous les jours. Donc voilà, merci, merci donc à Dieu.
Guinee3.net: Aujourd’hui, vous avez été distingué ici. M. Boubacar Yassine Diallo( actuel président de la HAC) a parlé de belles paroles de vous. Est-ce que vous vous considérez comme une icône?
Mamadou Aliou Tché Diallo : Mais pas du tout. Je suis même surpris, n’est-ce pas, par tout ce qui a été dit de moi. C’est vrai que d’abord, Yassine est un aîné . Bon, quand il, quand j’étais en troisième année, lui déjà il était en quatrième année avec Abou Conté, il a fait un stage en Roumanie. C’est le premier à faire un stage en journalisme autant de la Première République . Donc, c’est quand il est venu, donc nous sommes sortis, n’est-ce pas, dans la même promotion, donc la formation militaire au camp Kwame Nkrumah et voilà. Et ensuite, on s’est encore retrouvés à la radiodiffusion télévision Guinéenne.
Guinee3.net :Est-ce que vous avez côtoyé le président Ahmed Sékou Touré
Mamadou Aliou Tché Diallo : Des relations de travail ddirects avec le secrétaire permanent du bureau politique national ( PDG-RDA) . La tribune colorée était gérée par la permanence nationale du parti, voilà, donc toutes les dépenses étaient faites par là… Mais aucune autre structure ne pouvait, n’est-ce pas, supporter d’espace et dépenses parce qu’il y avait la peinture à acheter, il y avait les 1400 registres à préparer à l’imprimerie Patrice Lumumba. Il y avait encore un temps pour faire, n’est-ce pas, la peinture de ces livres à la permanence fédérale de Conakry 2. Donc c’est lorsque toutes les tables sont terminées, on fait maintenant venir les jeunes, nous faisons les répétitions et ce livre aussi était lourd, était lourd, mais même quand parfois on veut donner le temps aux jeunes de se reposer parce que nous étions trois à avoir des talkies en ce temps, mon camarade qui est aujourd’hui à Paris et donc qui était auprès des grillages, donc qui circulaient, moi j’étais sur le toit du bâtiment officiel, du bâtiment du stade 20 septembre sur le toit . Et chaque fois que je constatais une erreur quelque part, une faute, donc je lui parle de talkie, donc il efface et je lui dis va vers le peloton 1 ou bien vers le peloton 7 ou 14 pour corriger . Maintenant , si on veut que les jeunes se reposent, il ferme les registres, mais même pas cinq minutes encore. Le président donne ordre à Damantang , parce que nous étions donc les trois à avoir les talkies. Damantang nous dit, camarade jeune, le responsable suprême de la révolution reclame encore la tribune colorée. Nous étions encore obligés de reprendre encore les deux drapeaux blancs et rouges pour donner le signal afin qu’on reprenne. Mais je sais que le président, chaque fois qu’il faisait le tour du stade pendant les manifestations, donc une fois arrivé juste à la hauteur de la loge officielle, il s’élance encore un peu vers l’arrière pour lever la main pour nous saluer sur le toit de la tribune officielle. Nous savons qu’il a eu quand même ce regard vers nous pour le travail que nous faisions pour la révolution, la révolution guinéenne.
Guinee3.net: J’aimerais savoir votre appréciation sur la presse nouvelle qui est là, à l’époque il n’y avait pas internet, il n’y avait pas les réseaux sociaux, il n’y avait pas l’intégration artificielle, quelle appréciation faites-vous, est-ce que vous lisez d’abord les sites d’information guinéenne, ou vous lisez la presse guinéenne ?
Mamadou Aliou Tché Diallo : Mais je lis et je la suis, donc il y a quand même des jeunes pour lesquels nous contribuons, nous donnons encore des conseils, pour corriger certaines choses, sans quand même nous afficher. Donc , il arrive encore qu’on se déplace, qu’on parte vers certains journalistes, qu’on les rencontre physiquement et qu’on leur donne des conseils. Et comme nous sommes maintenant dans certaines universités et nous continuons à donner des conseils afin que les étudiants ne disent pas qu’ils font exactement faire comme tous ceux qui font, n’est-ce pas, leurs aînés.
Parce que dans ce que font les aînés, il y a des choses qui ne méritent pas d’être prises en ligne de compte, donc ils ne pensent pas que tout ce que les gens font, c’est normal, non ? Donc heureusement, nous sommes là-bas pour préparer les jeunes, n’est-ce pas, par rapport à leur futur professionnel.
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