Mali : quatre mois après son enlèvement, le silence persiste autour de Mountaga Tall et de son fils

Mali : quatre mois après son enlèvement, le silence persiste autour de Mountaga Tall et de son fils

4 septembre 2026 Non Par LA RÉDACTION

Au Mali, l’inquiétude grandit autour du sort de Mountaga Tall, avocat, ancien ministre et figure politique malienne, enlevé à son domicile il y a quatre mois par des hommes encagoulés présentés comme appartenant à la Sécurité d’État. Depuis, ses proches restent sans nouvelles de lui et de son fils, Cheick Mamadou Tall, également porté disparu.
Les deux hommes seraient détenus dans des lieux inconnus, sans qu’aucune procédure judiciaire publique ne permette, à ce jour, de connaître les faits qui leur sont reprochés. Le silence des autorités maliennes alimente l’angoisse de leurs familles.
« Aujourd’hui, ce que je voudrais, c’est une preuve de vie et de bonne santé », témoigne un proche de Mountaga Tall et de son fils. « Sont-ils bien traités ? Quelles sont leurs conditions de détention ? »
Après quatre mois sans information, l’inquiétude laisse également place à la colère. Pour un membre de la famille, aucune charge concrète n’a été officiellement portée à leur encontre.
« Si les autorités ont quoi que ce soit contre eux, qu’ils les poursuivent en justice, publiquement ! Cette attitude n’est pas digne d’un État de droit », déplore-t-il.
Pour Me Mamadou Ismaila Konaté, avocat, ancien ministre malien de la Justice et proche de Mountaga Tall, cette situation s’inscrit dans une stratégie plus large des autorités de transition.
« C’est la stratégie des dirigeants de la transition. Ils maintiennent une chape de plomb, ils veulent qu’on oublie Mountaga et tous les autres, que les gens aient peur de parler d’eux », estime-t-il interrogé par RFI

Mountaga Tall et son fils ne sont pas les seuls militants pro-démocratie à avoir été enlevés au Mali. Début mai, plusieurs autres personnalités ont également été interpellées par la Sécurité d’État, notamment Youssouf Daba Diawara, proche de l’imam et opposant en exil Mahmoud Dicko, ainsi que Moussa Djiré, président du Mouvement politique et citoyen Yiriwa 223.
Le Comité des disparitions forcées des Nations unies s’est saisi de la situation. Début juillet, l’instance onusienne a demandé aux autorités maliennes de préciser si Mountaga Tall et son fils étaient détenus dans un lieu placé sous l’autorité de l’État, d’indiquer le lieu de leur détention et de communiquer les « fondements juridiques » de leur emprisonnement.
Deux mois après cette demande, aucune réponse des autorités maliennes n’a, selon les informations disponibles, été communiquée.
En attendant, les familles continuent de réclamer une preuve de vie et des explications sur le sort des détenus. Quatre mois après les enlèvements, l’absence d’informations officielles entretient un climat d’incertitude et ravive les inquiétudes sur le respect des droits fondamentaux et des garanties judiciaires au Mali.

Yayé Barry