Mali : l’insécurité s’aggrave, le djihadisme menace l’approvisionnement en carburant
18 janvier 2026La situation sécuritaire demeure extrêmement préoccupante au Mali, pays toujours confronté à la montée du djihadisme et aux velléités séparatistes dans le nord de son territoire. Les groupes armés terroristes, en particulier le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM), affilié à Al-Qaïda, multiplient les attaques visant à fragiliser l’État malien et à asphyxier son économie.
Ces derniers mois, le JNIM a intensifié ses actions contre des infrastructures et services stratégiques, notamment le ravitaillement en carburant, un secteur vital aussi bien pour les forces armées que pour les populations civiles. Des citernes incendiées, des chauffeurs de camions pris pour cibles, ainsi que des militaires chargés d’escorter les convois figurent parmi les victimes de cette stratégie de terreur.
Le 16 janvier 2026, un convoi de ravitaillement en carburant a de nouveau été la cible d’une attaque meurtrière. Selon des sources sécuritaires, l’opération a été menée par des hommes dirigés par Nabi Diarra, chef djihadiste opérant dans la région. L’attaque a coûté la vie à plusieurs soldats des Forces armées maliennes (FAMA) ainsi qu’à des civils. Les engins militaires et les citernes de carburant ont été immobilisés puis incendiés, aggravant davantage la crise logistique dans un contexte déjà tendu.
Cette attaque s’inscrit dans une longue série d’actions violentes qui rappellent les heures sombres du conflit malien. Parmi les épisodes les plus marquants figure la bataille d’Aguelhok, survenue du 17 au 24 janvier 2012, au cours de laquelle 153 militaires maliens avaient perdu la vie face aux groupes séparatistes et djihadistes. La garnison était alors commandée par le capitaine Sékou Traoré, connu sous le surnom de « Bad ». Un drame encore profondément ancré dans la mémoire collective nationale.
Plus d’une décennie plus tard, le Mali reste confronté aux mêmes défis sécuritaires majeurs. Les attaques répétées contre les convois de carburant traduisent une volonté claire des groupes djihadistes de paralyser l’appareil militaire, de désorganiser l’économie et d’accentuer la pression sur les populations.
Face à cette situation, de nombreuses voix appellent à un renforcement des dispositifs de sécurité, à une meilleure protection des axes logistiques et à une coopération accrue pour contenir la menace terroriste. Dans ce contexte d’instabilité persistante, le sacrifice des soldats tombés pour la défense de l’intégrité territoriale du Mali demeure un symbole fort de résilience et de devoir national.
Yayé Barry



