Mali : des vétérans de Wagner reconnaissent leurs crimes et accusent les militaires maliens
26 septembre 2025
Neuf anciens mercenaires de Wagner, ayant combattu au Mali entre 2022 et 2025, livrent dans un documentaire de 2h40 des témoignages glaçants sur leurs exactions et leurs relations tendues avec les Forces armées maliennes (FAMa). Révélé par Jeune Afrique et visionné par RFI, ce film revient sur les principales batailles, dont celle de Tinzaouatène, et met en lumière crimes de guerre, insultes envers les soldats maliens et critiques de l’intervention russe.
Des aveux de crimes de guerre
Masqués et traduits par Jeune Afrique, les vétérans de Wagner décrivent leurs actions au Mali : attaques de villages, destructions de campements, tirs à vue depuis des véhicules et même piégeage d’objets civils, une pratique interdite par le droit international humanitaire. Ces témoignages sont entrecoupés de vidéos de propagande diffusées sur Telegram.
La bataille de Tinzaouatène, un tournant sanglant
Du 25 au 27 juillet 2024, près de 80 mercenaires ont été tués par le Front de libération de l’Azawad (FLA). Cet épisode a exacerbé les tensions entre Wagner et les FAMa, accusées d’inaction et de manque de soutien. Le documentaire relate également l’intervention du Gatia, groupe touareg pro-gouvernemental, pour sécuriser l’évacuation des corps.
Des critiques violentes contre l’armée malienne
Dans « Marche sur l’Azawad », les ex-combattants qualifient les soldats maliens de « peureux », « incompétents » et « voleurs », accusant l’armée de fuir le combat tout en cherchant à tirer profit des victoires. Selon eux, les FAMa dépendaient largement de la protection des mercenaires russes sur le terrain.
La fin de Wagner au Mali et un lourd héritage
Officiellement absente, la SMP russe avait été sollicitée par Bamako fin 2021, après la rupture avec Paris. Mais en juin 2025, Wagner a été remplacée par l’Africa Corps, une branche du ministère russe de la Défense. Un rapport de l’ONG The Sentry publié en août 2025 conclut que l’échec de Wagner au Mali est lié au terrain impraticable, au manque de soutien aérien et à la nature asymétrique du conflit.
De son côté, l’ONG Acled souligne une augmentation des violences contre les civils depuis l’arrivée des mercenaires, renforçant la défiance des populations et laissant prospérer les groupes jihadistes.



