L’Iran menace de bloquer le détroit d’Ormuz… et un tiers du pétrole mondial

L’Iran menace de bloquer le détroit d’Ormuz… et un tiers du pétrole mondial

22 juin 2025 Non Par LA RÉDACTION

 

Le détroit d’Ormuz voit passer environ un tiers des navires pétroliers du monde. En pleine escalade, sa fermeture est une menace brandie par Téhéran… Mais aussi par Washington et Israël, comme un nouveau prétexte belliciste.

Les conséquences seraient énormes. Si grandes que, pour prendre une telle décision, l’Iran doit être au pied du mur. Et ce dernier se rapproche. Après plus d’une semaine de bombardements israéliens, rejoints par des missiles états-uniens, les deux alliés ne cachent pas leur volonté de renverser le régime iranien.

Alors, ce week-end, Sardar Esmail Kowsari, élu de Téhéran au Parlement et membre des gardiens de la révolution, a franchi le pas : « L’Iran envisage de bloquer le détroit d’Ormuz dans le golfe Persique, par lequel transitent plus de 17 millions de barils de pétrole chaque jour ». Dimanche après-midi, le Parlement a justement approuvé cette mesure, qui doit être validée par l’exécutif.

Si la circulation dans le détroit devait être interrompue, c’est la production de pétrole de toute la région qui en serait affecté : Arabie Saoudite, Émirats Arabes Unis, Koweït, Qatar et Bahreïn… tous ces pays devraient trouver d’autres solutions pour acheminer leur or noir, ce qui affecterait les marchés.

En un mois, les prix du baril de pétrole sont passés d’environ 65 dollars le 19 mai à plus de 77 dollars, selon une étude de Boursorama, avec un emballement depuis le début du conflit entre l’Iran et Israël. En cas de blocage du détroit, le cours du pétrole pourrait s’envoler jusqu’à 100 dollars.

L’Iran et Oman contrôlent le détroit d’Ormuz depuis 1975. En cinquante ans, l’État iranien n’en est pas à sa première menace : en 2011, il avait brandi ce moyen de pression pour tenter de dissuader toute sanction sur son programme nucléaire. Même stratégie de nouveau en 2019, lorsque les États-Unis ont décidé de se retirer de l’accord sur le nucléaire iranien.

Cette possibilité, bien qu’inquiétante, devrait être la « dernière carte » de l’Iran. « Il y aura sans doute une coalition internationale contre l’Iran pour gérer la sécurité maritime dans le détroit d’Ormuz« , estime Farid Vahid. « Donc ce n’est pas quelque chose qu’ils vont forcément faire demain. » D’autant que le pétrole est une source de revenu considérable pour l’Iran. Fermer le détroit nuirait aussi à ses exportations, dont 95% des barils partent pour la Chine.

La Rédaction