LFR 2026 : plus de 4 500 milliards GNF pour maintenir le prix du carburant à 12 000 GNF

LFR 2026 : plus de 4 500 milliards GNF pour maintenir le prix du carburant à 12 000 GNF

25 octobre 2026 Non Par LA RÉDACTION

Les députés de la 10e législature ont entamé, samedi 24 octobre 2026, l’examen du projet de loi de finances rectificative (LFR) 2026. Présentant les principaux ajustements budgétaires devant les parlementaires, la ministre de l’Économie, des Finances et du Budget, Mariama Ciré Sylla, a notamment évoqué les conséquences de la crise économique internationale, le maintien du prix du carburant à la pompe et la révision des investissements publics.

Selon la ministre, cette loi de finances rectificative vise à adapter le budget initial aux évolutions du contexte économique et social, en Guinée comme à l’international. Parmi les principaux facteurs pris en compte figurent la hausse des prix des produits pétroliers et les tensions géopolitiques, notamment autour du détroit d’Ormuz.

Malgré cette conjoncture, le gouvernement guinéen a décidé de maintenir le prix du carburant à la pompe à 12 000 francs guinéens le litre. Un choix qui entraîne un effort budgétaire important pour soutenir les consommateurs.

« Ce choix solidaire a entraîné une augmentation des subventions destinées à maintenir ce prix, à hauteur de plus de 4 500 milliards de francs guinéens, qu’il a fallu prendre en compte dans cette loi de finances rectificative », a expliqué Mariama Ciré Sylla.

Une provision supplémentaire d’environ 913 milliards de francs guinéens a également été prévue pour accompagner le mécanisme de stabilisation des prix des produits pétroliers sur le reste de l’année.

La croissance économique revue à la baisse

La conjoncture internationale a également conduit le gouvernement à revoir ses prévisions économiques. Selon la ministre, l’objectif de croissance a été ajusté à la baisse de 0,9 point par rapport aux prévisions initiales.

Mariama Ciré Sylla a ainsi évoqué un taux de croissance de 8,6 % pour 2026, contre 7,1 % en 2025. Ce chiffre diffère toutefois du taux de 8,26 % mentionné dans les éléments présentés sur les principaux ajustements de la LFR 2026.

Le projet de budget rectificatif prévoit également une révision des recettes et des dépenses publiques afin de tenir compte des nouvelles contraintes économiques et des mesures de soutien mises en place par l’État.

Des investissements publics réajustés

Le gouvernement prévoit par ailleurs de revoir certaines dépenses d’investissement en fonction du niveau de préparation des projets. Plusieurs initiatives initialement programmées en 2026 devraient ainsi être reportées à 2027, afin de permettre la finalisation des études et des démarches nécessaires à leur réalisation.

« Nous avons engagé les démarches nécessaires pour que ces projets soient prêts à être lancés en 2027 », a indiqué la ministre.

Cette révision s’inscrit notamment dans le cadre de la revue des projets liés au programme Simandou 2040. L’objectif affiché est de concentrer les ressources disponibles sur les projets suffisamment avancés et susceptibles de produire des résultats concrets pour les populations.

La Delivery Unit mobilisée pour accélérer les projets

Au-delà des ajustements budgétaires, Mariama Ciré Sylla a insisté sur la nécessité d’accélérer l’exécution des investissements publics et d’améliorer le taux d’absorption des crédits.

Elle a notamment mis en avant le rôle de la Delivery Unit, une structure chargée d’identifier les projets confrontés à des retards ou à des blocages et de travailler avec les ministères concernés pour faciliter leur mise en œuvre.

« Cette structure a été créée et est désormais opérationnelle sur le terrain. Elle a pour mission d’identifier les projets confrontés à des difficultés, à des retards ou à des blocages, puis de travailler avec l’administration centrale et les ministères sectoriels concernés afin de trouver des solutions pour accélérer leur mise en œuvre », a-t-elle expliqué.

Pour la ministre, l’amélioration de la préparation des projets constitue également une condition essentielle à leur exécution rapide. Les projets suffisamment étudiés en amont peuvent, selon elle, être réalisés plus efficacement.

À travers cette loi de finances rectificative, le gouvernement entend ainsi adapter ses engagements aux nouvelles réalités économiques, préserver le pouvoir d’achat des ménages et améliorer l’efficacité des investissements publics.

Yayé Barry