Yayé Barry
Dans une déclaration rendue publique après l’explosion et l’incendie du principal dépôt d’hydrocarbures de Kaloum, qui ont fait 24 morts et 241 blessés selon les autorités, le RPG Arc-en-ciel affirme que les risques liés à la présence de cette infrastructure avaient déjà été identifiés sous l’ancien régime.
Selon le parti de l’ex-président Alpha Condé, l’étude d’impact environnemental réalisée dans le cadre de la concession et de l’extension du Port autonome de Conakry, confiées au groupe turc Albayrak en 2018, avait mis en évidence le danger que représentait le dépôt de carburant situé au cœur de Kaloum.
Le RPG soutient qu’un ministère avait été créé pour piloter le projet de délocalisation du dépôt vers Morybayah, dans la préfecture de Forécariah. Le projet prévoyait la construction d’un port pétrolier en eau profonde, associé à une raffinerie et à des installations de stockage de produits dérivés, avec une capacité initiale de 100 000 tonnes de gasoil et 50 000 tonnes d’essence.
Le coût prévisionnel du projet était estimé à 180 millions d’euros dans le cadre d’un partenariat public-privé (PPP), avec une participation majoritaire de l’État guinéen. Plusieurs opérateurs du secteur pétrolier, notamment Total, Vivo Energy, Copeg, Star Oil et le groupe Octogone, avaient, selon le RPG, manifesté leur intérêt pour le projet.
Le parti rappelle également qu’un autre projet de raffinerie à Kamsar, porté par la société Brahms et financé notamment par AFC, Access Bank et Afreximbank, devait disposer d’une capacité de raffinage de 15 000 barils par jour.
Le RPG s’interroge sur le devenir de ces différents projets depuis l’avènement du CNRD au pouvoir en septembre 2021. Pour l’ancien parti au pouvoir, leur concrétisation aurait pu contribuer à réduire les risques industriels, protéger les populations et limiter les conséquences économiques de la catastrophe survenue à Kaloum.
Yayé Barry