La Sierra Leone et la Guinée s’accusent mutuellement d’incursions militaires sur leur territoire

La Sierra Leone et la Guinée s’accusent mutuellement d’incursions militaires sur leur territoire

25 février 2026 Non Par LA RÉDACTION

 

Après « un affrontement », plusieurs militaires sierra-léonais ont été interpellés par l’armée guinéenne. Entre ces deux voisins, une nouvelle montée de tensions avait déjà eu lieu en avril-mai 2025 après des mouvements militaires des deux côtés de la frontière dans le nord-est de la Guinée.

Des soldats des Forces armées sierra-léonaises. Ici à Freetown, le 26 juin 2023. © JOHN WESSELS / AFP
Des soldats des Forces armées sierra-léonaises. Ici à Freetown, le 26 juin 2023. © JOHN WESSELS / AFP

Mardi 24 février dans l’après-midi, le gouvernement de Sierra Leone a accusé l’armée guinéenne d’avoir franchi lundi sa frontière nord, et d’y avoir interpellé des soldats et policiers sierra-léonais et saisi « leurs armes et munitions » après « un affrontement », selon un communiqué de son ministère de l’Information.

« Le gouvernement de Sierra Leone confirme que, lundi 23 février, des membres des Forces armées guinéennes ont franchi la frontière pour pénétrer dans la ville de Kalieyereh, dans la chefferie de Sulima, district de Falaba [Nord] où étaient déployés » des soldats et des policiers sierra-léonais, indique le communiqué publié sur les réseaux sociaux.

« Au moment de l’incident, le personnel de sécurité sierra-léonais était occupé à fabriquer des briques pour la construction d’un poste frontière et d’un centre d’hébergement destiné à soutenir les opérations de sécurité dans la région », ajoute le texte.

Le général guinéen Ibrahima Sory Bangoura contredit la version sierra-léonaise

Selon le communiqué, le drapeau de la Sierra Leone « avait été hissé sur le territoire reconnu comme appartenant à la Sierra Leone ». « Au cours de l’affrontement, les forces armées guinéennes ont appréhendé plusieurs membres de l’équipe de sécurité conjointe, dont un officier, et les ont transportés de l’autre côté de la frontière, en territoire guinéen », poursuit le communiqué.

Dans un communiqué mardi soir, l’état-major général des armées de Guinée a de son côté fait état d’une incursion de militaires sierra-léonais sur le territoire guinéen, survenue selon l’état-major dimanche dans la préfecture de Faranah.

Selon le communiqué signé par le chef d’état-major, le général Ibrahima Sory Bangoura, « quelques dizaines de militaires sierra-léonais armés ont pénétré sans autorisation sur le territoire guinéen ».

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Interpellation de 16 militaires sierra-léonais

« Sur place, les éléments étrangers auraient installé une tente et hissé leur drapeau national », affirme le communiqué. « Immédiatement déployée dans la zone concernée », l’armée guinéenne a procédé à « l’interpellation de seize » militaires sierra-léonais, selon la même source. Le matériel et les équipements en leur possession ont également été saisis et une enquête a été ouverte, précise le communiqué.

La Guinée et la Sierra Leone partagent plus de 700 km de frontière. En avril-mai 2025, une nouvelle montée de tensions a eu lieu après des mouvements militaires des deux côtés de la frontière dans une autre région, près de la localité de Yenga (nord-est de la Guinée), générant panique et inquiétude au sein des populations locales. Dans cette zone frontalière, le village de Yenga est contesté depuis plus de vingt ans. Ce territoire est revendiqué par la Sierra Leone, mais des soldats guinéens y sont encore présents.

L’incident de ces derniers jours dans le quartier de Falaba reflète une augmentation des tensions quotidiennes au niveau de la frontière. Dans cette zone, les déplacements de personnes, l’accès aux cultures et le commerce local ont été perturbés.

La Sierra Leone et la Guinée appartiennent à plusieurs organisations régionales comme la Communauté économique des États d’Afrique de l’Ouest (Cedeao) et l’Union du fleuve Mano, dernier cadre qu’ils ont en commun avec le Libéria et la Côte d’Ivoire.

AFP