La mort tragique de Mamadou Garanké Diallo : quand une OQTF devient un destin brutal

La mort tragique de Mamadou Garanké Diallo : quand une OQTF devient un destin brutal

5 octobre 2025 Non Par Doura

 

Mamadou Garanké Diallo, jeune Guinéen de 21 ans, est décédé le 18 septembre 2025 alors qu’il tentait de rejoindre l’Angleterre. Il a été percuté par un camion près de Dunkerque (Nord), en fuyant une obligation de quitter le territoire français (OQTF) dont il avait fait l’objet.

Un parcours d’intégration et de travail interrompu

Arrivé en France à l’adolescence, Mamadou avait été employé comme apprenti boucher à Darnétal (Seine-Maritime), près de Rouen, depuis 2020. Son employeur, Franck Bécu, exprimait son admiration à son égard : « C’est la politique qui l’a tué. Je l’ai trouvé très poli… il s’investissait bien. »

Déjà visé en 2023 par une OQTF, Mamadou avait vu son contrat d’apprentissage interrompu. À l’époque, une mobilisation avait été déclenchée : clients, élus, et la mairie de Rouen avaient demandé une levée de cette mesure. Une carte d’identité consulaire lui avait été délivrée pour lui permettre de rester et reprendre son activité.

Mais en mai 2025, une nouvelle OQTF est tombée, malgré les démarches engagées pour le soutenir — une situation qui a pesé lourdement sur son moral et ses perspectives.

Fuite, accident et colère

Senti menacé par une possible arrestation, Mamadou a décidé de quitter la France. Lors de sa tentative de passage vers l’Angleterre, il a été heurté par un camion près de Dunkerque et est décédé sur le coup.

Le choc est intense dans son entourage. Claude Renard, ancien responsable de boucherie, témoigne : « Il s’est très très bien intégré… il était aimé des clients. On avait fait les démarches… c’est inadmissible ». Le comité de soutien évoque un contrôle discriminatoire « au faciès » qui aurait déclenché la mesure d’OQTF, et affirme que son employeur lui avait été interdit de lui proposer un CDI.

Une tragédie pointée vers la politique migratoire

Au-delà du drame individuel, cette affaire suscite l’indignation contre les politiques migratoires françaises. Nicolas Mayer-Rossignol, maire de Rouen, qualifie le décès de « tragédie absolue » et accuse le ministère de l’Intérieur et le ministre Bruno Retailleau d’une politique qui « attire la mort ».

Parmi les proches, Koura, qui l’avait accompagné dans son intégration, dénonce : « La France l’a forcé à partir… Je dénonce et j’accuse le préfet et le gouvernement. »a t-il dit à un journaliste de BFMTV 


Moussa Diallo