La Guinée devient le premier pays d’Afrique subsaharienne en investissements directs étrangers
15 août 2026La Guinée s’impose comme la première destination des investissements directs étrangers (IDE) en Afrique subsaharienne en 2025. Selon un rapport de la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (CNUCED), publié cette semaine, le pays a attiré 7,8 milliards de dollars d’investissements étrangers, contre seulement 1,4 milliard de dollars en 2024.
À l’échelle du continent africain, la Guinée occupe la deuxième place, derrière l’Égypte.
Simandou, principal moteur des investissements
Cette forte progression est largement portée par le secteur minier, notamment par le développement du projet Simandou, l’un des plus importants projets de minerai de fer au monde.
Une part importante des 7,8 milliards de dollars enregistrés en 2025 a été consacrée à la construction de la mine, au développement des infrastructures ferroviaires et aux installations portuaires nécessaires à l’exportation du minerai.
Selon Mohamed Camara, du cabinet Mocam Consulting, les partenaires du projet ont mobilisé d’importants moyens pour respecter le calendrier de démarrage des exportations. Rio Tinto, le consortium Winning Simandou et son partenaire Baowu ont notamment accéléré la construction du chemin de fer et des infrastructures portuaires.
Cette dynamique devrait se poursuivre dans les prochaines années. Rio Tinto poursuit notamment le développement de ses infrastructures portuaires à Morebayah, tandis que plusieurs entreprises du secteur de la bauxite investissent pour accroître leurs capacités de production.
La Guinée devant la Côte d’Ivoire et le Nigeria
Avec 7,8 milliards de dollars d’IDE, la Guinée devance largement plusieurs grandes économies d’Afrique de l’Ouest. La Côte d’Ivoire a attiré environ 2 milliards de dollars, tandis que le Nigeria en a enregistré près de 4 milliards.
Cette performance confirme le poids croissant du secteur minier dans l’économie guinéenne, notamment avec la bauxite et désormais le minerai de fer de Simandou.
Le défi de la transformation économique
Si l’afflux massif de capitaux constitue une opportunité pour la Guinée, il pose également un important défi au gouvernement : transformer ces investissements miniers en croissance durable et en bénéfices concrets pour les populations.
Les autorités cherchent notamment à limiter la dépendance du pays aux matières premières, dont les prix restent soumis aux fluctuations des marchés internationaux.
La stratégie mise ainsi sur davantage de transformation locale des ressources minières. Trois raffineries d’alumine sont actuellement en construction et deux autres sont à l’étude.
Le gouvernement entend également développer d’autres secteurs, notamment l’agriculture et l’énergie. Dans le domaine de l’hydroélectricité, un nouveau barrage est en construction tandis que deux autres projets sont annoncés.
L’enjeu pour la Guinée sera donc désormais de convertir cette exceptionnelle progression des investissements étrangers en emplois, infrastructures, industrialisation et amélioration durable des conditions de vie des populations.
Source : RFI



