La Cédéao se réunit à Abuja sur fond de crises politiques et de menace terroriste
14 décembre 2025– Les chefs d’État de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao) se réunissent ce dimanche à Abuja, au Nigeria, pour un sommet consacré aux crises politiques au Bénin et en Guinée-Bissau, ainsi qu’à la dégradation de la situation sécuritaire dans le nord des pays côtiers de la sous-région.
Cette rencontre intervient une semaine après une tentative de coup d’État déjouée au Bénin et moins de trois semaines après le renversement du président bissau-guinéen Umaro Sissoco Embalo, le 26 novembre dernier. Elle clôt également l’année du cinquantenaire de l’organisation ouest-africaine.
Pour son premier sommet en tant que président en exercice de la conférence des chefs d’État de la Cédéao, le président sierra-léonais Julius Maada Bio doit composer avec un ordre du jour particulièrement chargé. Les dirigeants doivent notamment se prononcer sur le maintien ou non de la force en attente de la Cédéao, dont près de 200 hommes ont été déployés au Bénin après la tentative de putsch du 7 décembre à Cotonou. Un éventuel renforcement de ce contingent par des soldats de la Sierra Leone et du Ghana est également à l’étude.
La situation en Guinée-Bissau occupe une place centrale dans les discussions. Les chefs d’État doivent décider de la nature et de l’ampleur des sanctions à imposer aux auteurs du renversement du président Embalo. Parallèlement, dix-sept organisations et mouvements de la société civile ouest-africaine ont appelé la Cédéao à faire publier « sans délai » les résultats de l’élection présidentielle et des législatives du 23 novembre, estimant que la proclamation reste possible conformément à la loi électorale.
« La Cédéao a démontré sa capacité à empêcher un changement de régime au Bénin. Elle doit exercer la même pression sur les autorités militaires en Guinée-Bissau afin qu’elles respectent la volonté populaire », a déclaré Alseny Farinta Camara, coordinateur pays du mouvement Tournons la page en Guinée.
Enfin, les dirigeants ouest-africains doivent examiner un nouveau mémorandum sur la lutte contre le terrorisme et l’extrémisme violent. Un an après l’activation en urgence de la force en attente régionale, le document dresse un tableau jugé préoccupant de l’évolution de la menace, qui s’étend désormais sur une large bande allant du nord de la Côte d’Ivoire au nord du NiNigeria.
Mokoula Diallo



