Kindia : vive émotion après l’inhumation de Mamadou Djouma Bah, le débat sur les sanctions contre la fraude au bac relancé
21 juillet 2026Une vive émotion continue de secouer la ville de Kindia après l’inhumation, ce mardi, de Mamadou Djouma Bah, candidat au baccalauréat unique 2026 décédé quelques jours après son incarcération dans une affaire de fraude aux examens.
Parents, proches, autorités administratives et de nombreux habitants ont accompagné le jeune homme à sa dernière demeure. Le gouverneur de la région, le préfet de Kindia ainsi que plusieurs responsables locaux ont pris part aux obsèques, marquées par des pleurs, des prières et une profonde consternation.
Mamadou Djouma Bah avait été condamné pour fraude au baccalauréat et purgeait une peine d’emprisonnement. Selon sa famille, il souffrait d’une drépanocytose de type SS, une pathologie nécessitant une prise en charge médicale adaptée. Ses proches affirment avoir sollicité à plusieurs reprises une évacuation ou des soins appropriés, sans obtenir satisfaction. Ils soutiennent que ces demandes auraient été rejetées par les autorités judiciaires et pénitentiaires. Le jeune homme est finalement décédé lundi soir.
De son côté, le ministère de l’Enseignement pré-universitaire et de l’Alphabétisation a publié un communiqué précisant que Mamadou Djouma Bah n’était pas décédé en détention, mais après avoir été remis à sa famille.
Au-delà de l’émotion suscitée par ce décès, cette affaire relance le débat sur la réponse pénale apportée à la fraude aux examens nationaux. De nombreuses voix s’interrogent sur la proportionnalité des sanctions appliquées à des candidats, souvent très jeunes, condamnés à des peines de prison pour des faits de fraude.
La question est d’autant plus sensible que six autres personnes, dont une nourrice, restent actuellement détenues dans le cadre de la même affaire.
Si la lutte contre la fraude scolaire est largement considérée comme indispensable pour préserver la crédibilité des examens nationaux, plusieurs observateurs estiment qu’une réflexion pourrait être engagée sur l’équilibre entre la fermeté des sanctions, le respect des droits des personnes poursuivies et la prise en compte des situations humanitaires, notamment lorsque des détenus présentent des problèmes de santé graves.
L’affaire Mamadou Djouma Bah pourrait ainsi alimenter un débat plus large sur les mécanismes de répression de la fraude aux examens et sur les conditions de prise en charge des personnes incarcérées en Guinée.
Doura



