Iran : une foule immense à Téhéran pour le deuxième jour des funérailles d’État d’Ali Khamenei

Iran : une foule immense à Téhéran pour le deuxième jour des funérailles d’État d’Ali Khamenei

5 juillet 2026 Non Par LA RÉDACTION

Les cérémonies d’hommage à l’ayatollah Ali Khamenei se poursuivent à Téhéran, où une foule compacte de fidèles et de dignitaires du régime s’est rassemblée dimanche 5 juillet pour le deuxième jour des funérailles d’État du guide suprême iranien. Tué fin février dans des frappes israélo-américaines, Ali Khamenei fait l’objet de commémorations d’une ampleur exceptionnelle, organisées sur plusieurs jours en Iran et en Irak.


Depuis samedi, la Grande Mosalla de Téhéran, vaste complexe religieux situé au cœur de la capitale, est devenue l’épicentre de cet hommage national. Des milliers de personnes, venues parfois de régions éloignées, s’y succèdent pour se recueillir devant la dépouille du deuxième guide suprême de l’histoire de la République islamique. Les autorités iraniennes entendent faire de ces funérailles un moment de communion nationale, dans un contexte politique et régional particulièrement tendu.


Autour du cercueil, drapé aux couleurs de la République islamique, le dispositif est impressionnant. De grands portraits de l’ayatollah ont été installés dans l’enceinte du site, rappelant différentes étapes de sa vie politique et religieuse. La mise en scène de l’événement est pensée comme une démonstration de force du régime, qui mobilise à la fois ses institutions religieuses, civiles et militaires.
Pour faire face à l’afflux massif de pèlerins, d’importants moyens logistiques ont été déployés. Des centaines de tentes du Croissant-Rouge iranien ont été montées dans un parc de la capitale, des camions-citernes ont été mobilisés et des brumisateurs installés dans l’enceinte de la Grande Mosalla afin de soulager les participants, confrontés à des températures dépassant les 35 degrés. Les autorités ont également mis en place un dispositif de circulation destiné à éviter les mouvements de foule.
Les dépouilles de plusieurs membres de la famille d’Ali Khamenei, tués dans la même frappe du 28 février, sont également exposées aux côtés de celle du guide suprême. Parmi elles figurent une de ses filles, un gendre, une belle-fille et une petite-fille. La photo de Zahra Mohammadi Golpayegani, âgée de 14 mois, a notamment été largement diffusée par les médias d’État.
Sur place, les scènes de recueillement alternent avec les démonstrations de ferveur politique. Certains fidèles se frappent la poitrine en signe de deuil, tandis que d’autres scandent des slogans hostiles aux États-Unis. Des drapeaux rouges, symboles du sang versé et de la vengeance, sont brandis dans la foule. Des messages ont également été inscrits sur des murs installés à l’extérieur du complexe, témoignant du caractère à la fois religieux, émotionnel et politique de ces funérailles.
La veillée s’est poursuivie durant la nuit, jusqu’à la prière de l’aube, sans incident majeur selon les autorités locales. Des messages audio d’Ali Khamenei ont été diffusés sur l’esplanade, accompagnant les fidèles venus passer la nuit dans le complexe.
Dimanche, une grande prière funéraire a été organisée dans la Grande Mosalla. Elle a été dirigée par l’ayatollah Ja’far Sobhani, 97 ans, figure religieuse influente de la ville sainte de Qom. Les plus hauts responsables du régime ont pris part à cette séquence solennelle, parmi lesquels le président Massoud Pezeshkian, le président du Parlement Mohammad Bagher Ghalibaf ainsi que plusieurs hauts gradés de l’appareil sécuritaire et militaire.
Ahmad Vahidi, commandant en chef des Gardiens de la Révolution, est également apparu publiquement lors de la cérémonie. Sa présence a été particulièrement remarquée dans un contexte où les Gardiens de la Révolution ont consolidé leur poids dans les équilibres internes du pouvoir iranien depuis la guerre.
Parmi les proches d’Ali Khamenei présents à la cérémonie figuraient trois de ses fils : Massoud, Mostaga et Meysam. En revanche, Mojtaba Khamenei, désigné guide suprême après la mort de son père, n’a pas participé à cette prière funéraire. Blessé au début du conflit, il n’est plus apparu publiquement depuis plusieurs mois, alimentant les interrogations autour de son état de santé et de son rôle dans la suite des cérémonies.
Les autorités iraniennes affirment attendre entre 15 et 20 millions de personnes à Téhéran sur l’ensemble des trois jours de funérailles prévus dans la capitale. Un important dispositif sécuritaire a été déployé, avec de nombreuses restrictions de circulation. Dans plusieurs quartiers, commerces et entreprises ont suspendu leurs activités, alors que le pays reste confronté à une inflation persistante et à de fortes difficultés économiques.
Le cercueil d’Ali Khamenei doit rester exposé jusqu’à dimanche soir à la Grande Mosalla, avant une procession prévue lundi dans les rues de Téhéran. Le programme des cérémonies se poursuivra ensuite à Qom, puis en Irak, notamment à Nadjaf et Karbala, avant de s’achever jeudi à Machhad, où l’ayatollah sera inhumé.

Abdourahmane Koula Diallo