Inde : le ministre de l’Éducation démissionne après une mobilisation étudiante contre des fraudes aux examens
25 juillet 2026– Le ministre indien de l’Éducation, Dharmendra Pradhan, a annoncé samedi sa démission, après six jours de mobilisation massive d’étudiants qui réclamaient son départ à la suite d’une série de scandales liés à des fraudes aux examens universitaires.
Cette décision a été saluée comme une victoire par les manifestants, qui ont immédiatement annoncé la fin de leur mouvement. Des milliers d’étudiants installés depuis lundi sur l’esplanade de Jantar Mantar, dans le centre de New Delhi, ont célébré l’annonce avec des cris de joie.
« Nous l’avons fait ! », s’est félicité Abhijeet Dipke, fondateur du « Cockroach Janta Party » (CJP), un mouvement citoyen en ligne devenu l’un des porte-voix de la contestation.
La crise avait éclaté après des soupçons de fraudes massives lors d’un examen national d’accès aux études de médecine organisé en mai, auquel avaient participé plus de deux millions de candidats. L’annulation de l’épreuve, réclamée par les étudiants, aurait provoqué une vague de détresse parmi les candidats, avec plusieurs suicides rapportés par les médias locaux.
Une pression croissante sur le gouvernement Modi
La mobilisation s’est intensifiée après une intervention musclée de la police lundi, lorsque des milliers de jeunes manifestants tentaient de rejoindre le Parlement pour réclamer la démission du ministre. Les forces de l’ordre ont utilisé des gaz lacrymogènes et des matraques, faisant plusieurs dizaines de blessés selon la police, et davantage selon les organisateurs.
Au-delà des fraudes aux examens, les étudiants ont également dénoncé les difficultés d’accès à l’emploi, malgré la forte croissance économique affichée par l’Inde, ainsi que des méthodes de gouvernance jugées autoritaires.
Le Premier ministre Narendra Modi, longtemps silencieux face à la contestation, avait finalement promis des sanctions sévères contre les responsables des fraudes. Son gouvernement a également approuvé un projet de réforme prévoyant des procédures judiciaires accélérées et des peines renforcées contre les fraudeurs.
« Une victoire de la démocratie »
Les responsables de l’opposition indienne ont salué la mobilisation des étudiants. Rahul Gandhi, chef du Parti du Congrès, a félicité les jeunes contestataires, estimant qu’ils avaient obtenu une victoire importante.
Pour plusieurs observateurs, cette crise constitue un revers politique pour Narendra Modi. « L’image de Modi a pris un grand coup », a estimé l’analyste Nilanjan Mukhopadhyay, jugeant que le gouvernement avait finalement été contraint de céder face à la pression populaire.
Toutefois, certains manifestants estiment que la démission du ministre ne suffit pas à régler les problèmes structurels du système éducatif indien. « C’est un pas vers la démocratie, mais beaucoup reste encore à faire », a déclaré une étudiante.
Cette affaire représente l’une des plus importantes crises politiques auxquelles Narendra Modi est confronté depuis sa réélection il y a deux ans.
La Rédaction de Guinee3.net



