Guinée : des organisations de défense des droits humains réclament la vérité sur la disparition de Foniké Menguè et Billo Bah
8 juillet 2025
Une vingtaine d’organisations guinéennes et internationales de défense des droits humains appellent les autorités guinéennes à faire la lumière sur la disparition de deux responsables du Front national pour la défense de la Constitution (FNDC), Oumar Sylla, alias Foniké Menguè, et Mamadou Billo Bah. Les deux activistes sont introuvables depuis le 9 juillet 2024.
Dans une déclaration publiée le mardi 8 juillet, à la veille du premier anniversaire de leur disparition, Amnesty International et 24 autres organisations ont demandé aux autorités de révéler sans délai le sort des deux militants et de traduire en justice les personnes suspectées d’être responsables de ces disparitions forcées.
Selon le FNDC, Foniké Menguè et Billo Bah ont été arrêtés le 9 juillet 2024 par des gendarmes et des militaires appartenant à des unités d’élite. Le mouvement citoyen avait alors dénoncé leur enlèvement. De leur côté, les autorités guinéennes ont toujours nié détenir les deux hommes.
Dans leur communiqué commun, les organisations de défense des droits humains déplorent l’absence d’informations sur le sort des disparus et s’interrogent sur les démarches entreprises pour les retrouver.
Elles appellent également les autorités à sortir de leur silence et à respecter les obligations internationales de la Guinée en matière de protection des droits humains.
Le journaliste Habib Marouane Camara également porté disparu
Les organisations signataires ont aussi rappelé le cas du journaliste Habib Marouane Camara, connu pour ses critiques envers les autorités. Il a disparu en décembre 2024 après avoir été enlevé à Conakry par des hommes en uniforme, selon les informations rapportées dans le communiqué. Depuis, ses proches restent sans nouvelles.
Les organisations affirment par ailleurs que plusieurs acteurs politiques et avocats leur ont fait part de menaces d’enlèvement. Elles alertent ainsi sur les inquiétudes liées à la sécurité des défenseurs des droits humains, des opposants politiques et des professionnels des médias en Guinée.
Des appels à la justice et à la protection des libertés
Cette mobilisation intervient dans un contexte de critiques visant la gestion des libertés publiques sous les autorités de transition dirigées par le général Mamadi Doumbouya. Des organisations de défense des droits humains dénoncent notamment des arrestations, des poursuites contre des opposants et des disparitions forcées présumées.
Initialement, les autorités de transition s’étaient engagées à remettre le pouvoir à des civils élus avant la fin de l’année 2024. Cet objectif n’a pas été atteint. Elles ont ensuite annoncé la tenue d’un référendum constitutionnel le 21 septembre 2025, présenté comme une étape du processus de retour à l’ordre constitutionnel.
Un an après la disparition de Foniké Menguè et de Billo Bah, les organisations signataires réclament des réponses, des enquêtes effectives et l’identification des éventuels responsables. Elles demandent que la lumière soit faite sur ces affaires et que les droits fondamentaux de tous les citoyens soient respectés.
Yayé Barry



