Guinée-Sénégal : à Conakry, El Malick Ndiaye défend la fraternité entre les deux peuples

Guinée-Sénégal : à Conakry, El Malick Ndiaye défend la fraternité entre les deux peuples

5 octobre 2026 Non Par Doura

La rentrée parlementaire en Guinée a été l’occasion d’un message fort en faveur du maintien des liens entre Conakry et Dakar. Présent à cette cérémonie, le Premier vice-président de l’Assemblée nationale du Sénégal, El Malick Ndiaye, a appelé à préserver la fraternité entre les deux peuples, tout en reconnaissant à chaque État le droit de faire respecter ses lois et sa souveraineté.
Cette prise de parole intervient dans un contexte marqué au Sénégal par des débats sur l’immigration et la présence de ressortissants étrangers, notamment guinéens. Les déclarations attribuées au député Tahirou Sarr, qui défend une ligne nationaliste sur la question migratoire et a notamment évoqué l’expulsion de ressortissants étrangers, ont suscité des réactions dans plusieurs milieux.
À Conakry, El Malick Ndiaye a privilégié un discours axé sur l’équilibre entre souveraineté nationale et solidarité entre les peuples.
« Nous pouvons défendre l’hospitalité et exiger la responsabilité. Nous pouvons préserver la fraternité et respecter la loi. Nous pouvons ouvrir nos cœurs sans renoncer à la souveraineté », a-t-il déclaré.
Pour le parlementaire sénégalais, les frontières entre les deux pays ne doivent pas constituer un obstacle à la fraternité historique qui unit les populations.
« Nos frontières doivent rester un véritable trait d’union. Jamais une ligne de fracture entre nos enfants », a-t-il ajouté.
Les parlements appelés à jouer leur rôle
El Malick Ndiaye a également insisté sur la responsabilité des institutions parlementaires dans la prévention des tensions susceptibles de naître autour des questions migratoires et sociales.
« Nos parlements ont ici une responsabilité particulière : prévenir les incompréhensions, favoriser le dialogue et empêcher que des difficultés quotidiennes ne deviennent des fractures durables », a-t-il souligné.
Cette déclaration intervient alors que la question de la présence des étrangers au Sénégal fait l’objet de débats politiques. Pour ses défenseurs, le contrôle de l’immigration relève de la souveraineté de l’État. D’autres voix mettent en avant la nécessité de préserver les relations entre les communautés et les liens historiques entre les pays de la sous-région.
Un appel à une Afrique plus souveraine
Dans son intervention, le Premier vice-président de l’Assemblée nationale du Sénégal a élargi son propos aux enjeux de souveraineté du continent africain.
« L’Afrique ne peut plus être seulement l’espace où se rencontrent les ambitions des autres. Elle doit devenir un acteur qui définit ses priorités, protège ses intérêts et assume sa souveraineté », a-t-il affirmé.
À travers ce discours, El Malick Ndiaye a ainsi placé les relations entre la Guinée et le Sénégal dans une perspective plus large : celle d’une coopération africaine fondée à la fois sur le respect des frontières, la souveraineté des États, la responsabilité des citoyens et la préservation des liens entre les peuples.
La question reste désormais de savoir comment les deux pays pourront poursuivre leur coopération tout en répondant aux préoccupations liées à l’immigration et aux discours politiques susceptibles d’alimenter les tensions entre communautés.

Yayé Barry