Transition en Guinée : les évêques réclament plus de visibilité et un dialogue inclusif

Transition en Guinée : les évêques réclament plus de visibilité et un dialogue inclusif

3 juillet 2024 Non Par Doura

Transition en Guinée : les évêques réclament plus de visibilité et un dialogue inclusif
La Conférence épiscopale de Guinée monte au créneau sur la conduite de la transition. Dans une lettre ouverte rédigée en mai 2024 et rendue publique début juillet, les évêques guinéens appellent les autorités à clarifier « d’urgence » le calendrier de la transition, ainsi que son programme, sa stratégie et ses objectifs.
Le document, rédigé à l’occasion du pèlerinage catholique de Boffa, dresse un constat préoccupant de la situation du pays. Les évêques évoquent notamment le chômage, la hausse du coût de la vie, les difficultés d’accès à l’eau et à l’électricité, mais également l’état des routes et l’insécurité.
Pour la Conférence épiscopale, ces difficultés sont aggravées par le manque de visibilité sur la conduite de la transition. Les religieux déplorent une situation où « tout semble aller à vau-l’eau », dans un pays qu’ils décrivent comme étant « sans gouvernail ».
Les évêques préoccupés par le manque de visibilité
Le père Louis Gbilimou, secrétaire général de la Conférence épiscopale de Guinée, estime que les préoccupations exprimées dans la lettre restent d’actualité. Il pointe notamment la flambée des prix des denrées alimentaires, le manque d’électricité, le chômage et les difficultés liées à l’état des infrastructures routières.
Selon lui, l’absence de visibilité sur le chronogramme de la transition alimente également les inquiétudes au sein de la classe politique et de la population.
Les évêques mettent ainsi en garde contre les conséquences d’un manque de dialogue. Ils estiment qu’une éventuelle modification ou prolongation de la transition ne devrait pas intervenir sans concertation avec les différentes composantes de la société.
Un appel à un dialogue réellement inclusif
Dans leur lettre, les responsables de l’Église catholique invitent également les partis politiques d’opposition et les acteurs de la société civile à privilégier l’apaisement.
Ils proposent la mise en place d’un « nouveau cadre de dialogue réellement inclusif » permettant aux différentes parties de discuter des questions essentielles liées à l’avenir du pays.
Les évêques demandent par ailleurs aux acteurs politiques de « mettre balle à terre » et de contribuer à calmer les tensions plutôt que de les exacerber.
Cette prise de position intervient dans un contexte marqué par des interrogations croissantes sur la conduite de la transition et son calendrier. Pour la Conférence épiscopale, le silence des autorités constitue une « source d’angoisse et de peur » et risque d’alimenter davantage les tensions sociales et politiques.
Rédigée plusieurs semaines avant sa diffusion, la lettre des évêques vient ainsi s’ajouter aux différentes voix qui réclament davantage de clarté sur la trajectoire politique de la Guinée.

Yayé Barry