Guinée : l’ancien dictateur Moussa Dadis Camara crie au complot au procès du massacre de 2009

Guinée : l’ancien dictateur Moussa Dadis Camara crie au complot au procès du massacre de 2009

14 décembre 2022 Non Par LA RÉDACTION

Le procès du massacre du 28 septembre 2009 au stade de Conakry a connu un tournant majeur ce lundi avec la première déposition de l’ancien chef de la junte guinéenne, Moussa Dadis Camara, poursuivi aux côtés de plusieurs anciens responsables militaires et gouvernementaux.
Face aux juges, l’ex-dirigeant a nié toute responsabilité dans les événements tragiques qui ont marqué l’histoire récente du pays, évoquant un complot politique visant à le discréditer et à l’écarter du pouvoir. Dans un long témoignage empreint de références religieuses et historiques, il a affirmé n’avoir donné aucun ordre lié aux violences survenues au stade.
Un procès historique pour la Guinée
Les accusés répondent de faits graves liés au Massacre du 28 septembre 2009, au cours duquel au moins 156 personnes ont été tuées, des centaines blessées et des violences sexuelles massives documentées selon plusieurs enquêtes internationales.
Ce procès, très attendu par les victimes et la société civile, vise à établir les responsabilités dans la répression sanglante d’une manifestation de l’opposition à Conakry.
Une défense fondée sur le complot
Dans sa déclaration, Moussa Dadis Camara a soutenu que les événements auraient été orchestrés pour provoquer sa chute, impliquant notamment ses anciens compagnons de la transition. Il a également mis en cause plusieurs figures politiques de l’époque, dont Alpha Condé et Sékouba Konaté, ainsi que son ex-aide de camp, principal accusateur dans le dossier.
L’ancien chef de la junte a rejeté les accusations portées contre lui, affirmant avoir été tenu à l’écart des décisions opérationnelles le jour des faits.
Un pays suspendu à un procès historique
Le procès, suivi avec attention à Conakry et au-delà, représente une étape majeure pour la justice guinéenne et la reconnaissance des victimes. Il constitue également un test pour les institutions judiciaires du pays face à l’une des pages les plus sombres de son histoire contemporaine.
Yayé Barry