Guinée : bras de fer entre le MATD et l’opposition, l’UFDG et le RPG suspendus pour 90 jours

Guinée : bras de fer entre le MATD et l’opposition, l’UFDG et le RPG suspendus pour 90 jours

22 août 2025 Non Par LA RÉDACTION

 

Conakry, 22 août 2025 — La scène politique guinéenne vient de connaître un nouveau rebondissement. Par une décision officielle publiée ce vendredi, le ministère de l’Administration du Territoire et de la Décentralisation (MATD), dirigé par Ibrahima Kalil Condé, a suspendu pour quatre-vingt-dix (90) jours trois partis politiques majeurs, dont l’Union des Forces Démocratiques de Guinée (UFDG) de Cellou Dalein Diallo et le Rassemblement du Peuple de Guinée – Arc-en-ciel (RPG-AEC) de l’ancien président Alpha Condé.

Le Parti du Renouveau et du Progrès (PRP) est également concerné par cette mesure qui fait suite à un rapport d’évaluation des partis politiques publié le 14 mars 2025. Ce rapport avait pointé des irrégularités et donné 45 jours à plusieurs formations pour se mettre en conformité avec la Charte des partis politiques. Le ministère reproche à ces partis de n’avoir pas respecté leurs obligations légales.


Une décision aux allures de bras de fer

Cette suspension, même temporaire, pourrait bien raviver les tensions entre le gouvernement de transition et les principaux acteurs politiques du pays. L’UFDG et le RPG, piliers de l’opposition, dénoncent depuis plusieurs mois un resserrement de l’espace politique et voient dans cette décision une tentative d’affaiblissement des partis influents en vue des prochaines échéances électorales.

Du côté du gouvernement, le discours est clair : « l’ordre et la conformité ». Le MATD affirme vouloir assainir le paysage politique et contraindre les partis à respecter les règles prévues par la loi.


Conséquences immédiates

Pendant les 90 jours de suspension, les formations visées ne pourront organiser aucune activité politique :

  • Pas de réunions ;
  • Pas de manifestations ;
  • Pas de propagande sur l’ensemble du territoire.

Elles disposent toutefois de trois mois pour corriger les manquements constatés et se mettre en règle. Passé ce délai, un réexamen déterminera si elles peuvent reprendre leurs activités ou si de nouvelles sanctions seront envisagées.


Un climat politique sous tension

Cette décision risque de polariser davantage la scène politique. Alors que le pays est engagé dans un processus de transition complexe, l’éviction temporaire des deux principaux partis d’opposition pourrait attiser la méfiance et alimenter les critiques contre la gestion actuelle du pouvoir.

Les prochaines semaines seront décisives. Si les partis suspendus choisissent la confrontation, la Guinée pourrait entrer dans une nouvelle zone de turbulences politiques.

Voici la décision du ministre de l’Administration du Territoire et de la Décentralisation

Doura