Guinée-Bissau : élection présidentielle sous le signe de la stabilité
23 novembre 2025
Les Bissau-Guinéens votent dimanche 23 novembre pour élire leur président et renouveler leur Parlement, avec l’espoir de tourner la page des turbulences politiques. Umaro Sissoco Embalo, président sortant, est favori pour remporter l’élection dès le premier tour.
Quelque 860 000 électeurs sont appelés à choisir parmi 12 candidats, dans un pays marqué depuis son indépendance par quatre coups d’État et de nombreuses tentatives de putsch. L’enjeu majeur reste la stabilité politique et le développement économique.
Participation et ambiance dans les bureaux de vote
Le scrutin se déroule dans le calme, selon les journalistes de l’AFP. Dans la matinée, peu d’électeurs faisaient la queue pour voter. Alamar Bidinthilé, chauffeur de 40 ans, attend « un changement dans la construction des infrastructures et une stabilité durable ». Mayo Sa, 53 ans, ouvrier, confie : « Je vote depuis longtemps, mais je n’ai jamais vu de réel changement. Cette fois, j’espère que ce sera la bonne. »
Avec près de 40 % de sa population vivant sous le seuil de pauvreté, la Guinée-Bissau reste l’un des pays les plus pauvres au monde et constitue une plaque tournante du trafic de drogue entre l’Amérique latine et l’Europe, facilité par l’instabilité politique.
Candidats et enjeux électoraux
Le président sortant Umaro Sissoco Embalo, 53 ans, brigue un second mandat, ce qui ferait de lui le premier chef d’État bissau-guinéen à effectuer deux mandats consécutifs depuis l’instauration du multipartisme en 1994.
Son principal adversaire, Fernando Dias, soutenu par le puissant PAIGC, n’a pu se présenter : son dossier a été rejeté par la Cour suprême pour dépôt tardif. Le PAIGC, parti historique de l’indépendance, est également exclu des législatives qui se tiennent le même jour pour élire 102 députés.
Malgré ces exclusions, la campagne s’est déroulée dans une ambiance festive et aucun incident n’a été signalé.
Sécurité et organisation
Plus de 6 700 membres des forces de l’ordre, dont des éléments de la force de stabilisation de la CEDEAO, assurent la sécurité du scrutin. L’espace aérien et les frontières terrestres et maritimes sont fermés toute la journée.
La directrice de l’Observatoire des économies illicites en Afrique de l’Ouest, Lucia Bird, avertit que « les problèmes surgissent généralement après les élections », faisant référence aux risques d’irrégularités comme en 2019.
Résultats attendus
Les bureaux de vote fermeront à 17 heures (18 heures à Paris). Les premiers résultats provisoires sont attendus au plus tard jeudi 27 novembre. Le président Embalo appelle la population à voter massivement et rappelle que seule la CNE est habilitée à publier les résultats.
Doura



