Guinée : 51 nouveaux partis politiques autorisés à reprendre leurs activités, l’UFDG et le RPG toujours suspendus
17 octobre 2025
Le gouvernement guinéen a annoncé la certification de 51 nouveaux partis politiques, désormais autorisés à exercer librement leurs activités. Parmi eux figure l’Union des forces républicaines (UFR) de Sidya Touré. En revanche, l’UFDG de Cellou Dalein Diallo et le RPG d’Alpha Condé restent suspendus, à quelques mois de la présidentielle prévue le 28 décembre.
Le paysage politique guinéen continue de se redessiner. Le ministère de l’Administration du territoire et de la Décentralisation (MATD) a annoncé, mercredi 15 octobre, la délivrance de 51 nouveaux certificats de conformité à des partis politiques, leur permettant d’exercer légalement leurs activités.
Ces nouvelles autorisations s’ajoutent aux 73 partis déjà certifiés en mars dernier, portant à 124 le nombre total de formations politiques reconnues en Guinée.
Selon le ministre Ibrahima Kalil Condé, cette démarche s’inscrit dans la volonté du gouvernement de « rationaliser et assainir l’espace politique », en veillant au respect de la charte des partis politiques et des statuts internes de chaque formation.
Une évaluation lancée en 2024 pour assainir le paysage politique
Tout a commencé en juin 2024, lorsque le MATD a lancé une mission d’évaluation portant sur les 211 partis politiques enregistrés à l’époque. L’objectif était de vérifier leur conformité administrative, leur existence effective sur le terrain et le fonctionnement de leurs structures internes.
Les résultats définitifs, publiés en mars 2025, avaient conduit à la dissolution d’une cinquantaine de partis et à la suspension d’une autre cinquantaine, en attendant leur régularisation.
Parmi les formations suspendues figuraient l’UFR de Sidya Touré, le RPG d’Alpha Condé et l’UFDG de Cellou Dalein Diallo.
L’UFR retrouve son statut légal
Après plusieurs mois de suspension, l’Union des forces républicaines (UFR) a finalement régularisé sa situation. Son congrès tenu en mai dernier a permis de remplir les conditions exigées par le MATD.
Grâce à cette mise en conformité, l’UFR pourra présenter un candidat à la présidentielle du 28 décembre 2025. Toutefois, Sidya Touré ne pourra pas briguer la magistrature suprême : la nouvelle Constitution fixe une limite d’âge à 80 ans pour les candidats et impose qu’ils résident sur le territoire guinéen, or l’ancien Premier ministre vit en exil en Côte d’Ivoire.
L’UFDG et le RPG toujours dans l’impasse
En revanche, l’UFDG et le RPG restent suspendus. Le parti de Cellou Dalein Diallo, placé sous observation en mars, a vu sa suspension confirmée fin août pour non-tenue de congrès. Quant au RPG, il n’a pas encore satisfait aux exigences de la charte des partis politiques.
Ces deux formations risquent ainsi de ne pas pouvoir participer à la présidentielle, d’autant que leurs leaders respectifs sont toujours en exil. Le cas d’Alpha Condé, âgé de plus de 80 ans, le rend par ailleurs inéligible selon la nouvelle Constitution.
Un pas vers une recomposition politique
Avec cette nouvelle vague de certifications, le gouvernement affirme vouloir stabiliser et clarifier le champ politique avant le scrutin présidentiel de décembre. Mais cette réorganisation risque aussi de rebattre les cartes du jeu politique, en écartant de facto les grandes figures de l’opposition traditionnelle.
La scène politique guinéenne entre ainsi dans une nouvelle phase, marquée à la fois par une volonté d’assainissement et par des tensions autour de la légitimité et de l’inclusivité du processus électoral.
Voici la liste des partis politiques certifiés
Yayé Barry




