Génocide rwandais : enquête relancée sur Agathe Habyarimana

Génocide rwandais : enquête relancée sur Agathe Habyarimana

6 mai 2026 Non Par LA RÉDACTION

La justice française relance un dossier sensible lié au génocide des Tutsis au Rwanda. Ce mercredi 6 mai, la chambre de l’instruction de la Cour d’appel de Paris a annulé le non-lieu prononcé en 2025 concernant Agathe Habyarimana et ordonné la poursuite des investigations.
Cette décision répond à la demande du Parquet national antiterroriste (Pnat), compétent pour les crimes contre l’humanité, ainsi qu’aux attentes des parties civiles engagées dans ce long processus judiciaire ouvert depuis près de deux décennies.
Âgée de 83 ans, Agathe Habyarimana est la veuve de Juvénal Habyarimana, dont l’assassinat le 6 avril 1994 a marqué le déclenchement des massacres. Entre avril et juillet 1994, environ 800 000 personnes, majoritairement des Tutsis mais aussi des Hutus modérés, ont été tuées selon les estimations de l’Organisation des Nations unies.
⚖️ Une procédure judiciaire longue et complexe
Depuis 2007, Agathe Habyarimana est visée en France par une information judiciaire pour complicité de génocide et crimes contre l’humanité, suite à une plainte déposée par le Collectif des parties civiles pour le Rwanda (CPCR).
L’avocat de la Fédération internationale pour les droits humains, Patrick Baudouin, a salué une décision qu’il considère comme une avancée majeure :
« Une victoire pour la vérité et contre l’impunité ».
Selon lui, l’instruction a longtemps été freinée par divers obstacles, notamment d’ordre politique.

Le non-lieu initial avait suscité une vive incompréhension du côté des parties civiles. Patrick Baudouin affirme que l’ancienne Première dame faisait partie de l’« Akazu », cercle restreint du pouvoir hutu accusé d’avoir joué un rôle central dans la planification du génocide.
À l’inverse, son avocat, Philippe Meilhac, dénonce un dossier « vide » et critique une procédure qu’il juge prolongée inutilement. Il évoque même « un jour sombre pour la justice française ».
Depuis 2016, Agathe Habyarimana bénéficie du statut de témoin assisté et n’a jamais été mise en examen, malgré les demandes répétées du Pnat. Les associations parties civiles continuent de soutenir qu’elle aurait joué un rôle clé au sein de l’Akazu, considéré comme le noyau dirigeant ayant orchestré le génocide.
La relance de l’enquête pourrait ainsi marquer un tournant dans la quête de justice pour les victimes du génocide rwandais.

Yayé Barry