France – Sénégal : Ousmane Sonko affirme que « quel que soit le vainqueur, c’est l’Afrique qui gagne »
16 juin 2026À quelques heures du choc entre la France et le Sénégal, ce mardi 16 juin, à la Coupe du monde 2026, le président de l’Assemblée nationale du Sénégal, Ousmane Sonko, a livré un commentaire qui dépasse largement le cadre sportif.
Interrogé par France 24 et RFI sur son pronostic, l’ancien Premier ministre a déclaré espérer une victoire des Lions de la Teranga, tout en donnant une lecture politique de cette affiche.
« Je pense que le Sénégal va gagner. Je le souhaite en tout cas comme tous les Sénégalais. Mais ce n’est qu’un match de football. Pour avoir une lecture politique de ce match, quel que soit le vainqueur, c’est l’Afrique qui aura battu l’Afrique », a-t-il affirmé.
Par cette déclaration, Ousmane Sonko fait clairement référence aux nombreux joueurs de l’équipe de France ayant des origines africaines. Parmi eux figurent notamment Kylian Mbappé, Ousmane Dembélé, Désiré Doué, N’Golo Kanté, Ibrahima Konaté, Jules Koundé, Dayot Upamecano, Aurélien Tchouaméni, Michael Olise, Brice Samba, Warren Zaïre-Emery, ainsi que d’autres internationaux issus de familles originaires du continent africain.
Selon lui, cette réalité illustre le dynamisme de l’Afrique et invite les Africains à reconnaître pleinement leur potentiel. Il estime également que cette situation nourrit une réflexion plus large sur les relations entre la France et l’Afrique.
Cette sortie intervient alors que le souvenir de l’exploit historique du Sénégal reste vivace. Lors de la Coupe du monde 2002, organisée en Corée du Sud et au Japon, les Lions de la Teranga avaient créé la sensation en battant la France (1-0) lors du match d’ouverture grâce à un but de feu Pape Bouba Diop.
Les propos d’Ousmane Sonko rappellent aussi les débats récurrents autour des origines des joueurs de l’équipe de France. En 2024, plusieurs joueurs argentins avaient été au cœur d’une polémique après avoir repris un chant à caractère raciste visant les Bleus. La Fédération française de football (FFF) avait alors dénoncé des propos « racistes et discriminatoires », tandis que plusieurs internationaux français, dont Jules Koundé et Hugo Lloris, avaient condamné ces attaques.
Le duel France-Sénégal revêt ainsi une dimension particulière. Au-delà de l’enjeu sportif, cette affiche ravive des questions liées à l’histoire, aux migrations, à l’identité et aux liens profonds entre la France et le continent africain.
Abdourahmane Koula


