Dar-es-Salam : le bilan de l’éboulement approche la vingtaine de morts, les recherches se poursuivent
23 août 2026CONAKRY — Le drame survenu dans la nuit du samedi 22 au dimanche 23 août 2026 à la décharge de Dar-es-Salam, dans la commune de Gbessia, continue de susciter l’émoi. Le bilan humain s’alourdit et approche désormais la vingtaine de morts, tandis que les opérations de recherche se poursuivent pour retrouver d’éventuelles victimes encore ensevelies sous les décombres.
Sur place, les secours, appuyés par les forces de défense et de sécurité et des engins de terrassement, poursuivent les opérations de dégagement. Plusieurs personnes pourraient encore se trouver sous les amas de déchets et de matériaux.
À Dar-es-Salam, la douleur est immense. Parmi les familles durement frappées figure celle de Mariama Ciré Kallo, qui affirme avoir perdu ses cinq enfants dans l’éboulement.
Inconsolable, la mère de famille raconte les derniers échanges qu’elle a eus avec ses proches avant le drame. Son témoignage illustre l’ampleur de la tragédie qui frappe les habitants installés à proximité de la décharge.
Cette nouvelle catastrophe rappelle douloureusement l’éboulement survenu sur le même site en août 2017. Les fortes pluies qui s’étaient abattues sur Conakry avaient provoqué l’effondrement d’une partie de la montagne d’ordures, faisant plusieurs morts et détruisant des habitations. Des sources de l’époque faisaient état d’au moins neuf victimes.
Neuf ans plus tard, le scénario semble se répéter. Malgré les alertes et les annonces successives concernant la fermeture ou la délocalisation de la décharge, des populations continuaient à vivre dans ses environs.
En novembre 2025 déjà, des inquiétudes avaient été exprimées sur le maintien de la décharge de Dar-es-Salam, alors que sa fermeture avait été annoncée à plusieurs reprises. Le site était présenté comme un danger permanent pour les populations riveraines.
Au-delà de l’émotion et des opérations de secours, ce nouveau drame soulève une question majeure : comment des populations ont-elles pu continuer à vivre sur ou à proximité immédiate d’un site officiellement considéré comme dangereux et dont la fermeture était annoncée ?
Le gouvernement avait annoncé, quelques jours avant le drame, le lancement des opérations de libération et de sécurisation de la décharge de Dar-es-Salam.
La catastrophe intervient ainsi au moment où les autorités s’apprêtaient justement à engager ces opérations.
La question de la prévention, du relogement des populations exposées et de l’application effective des décisions de fermeture se retrouve désormais au cœur du débat.
Présente sur les lieux, la ministre de l’Administration du Territoire et de la Décentralisation, Djenabou Touré, a assuré que le gouvernement entend prendre des mesures pour mettre les familles sinistrées à l’abri.
« Les dispositions seront prises par le gouvernement pour que les familles qui sont là puissent aller au moins dans des endroits avec l’Agence de gestion des urgences et catastrophes humanitaires aujourd’hui », a-t-elle déclaré.
La ministre a également reconnu la nécessité de revoir l’approche des autorités face aux populations vivant dans les zones à risque.
« On essaie de sensibiliser, mais je pense qu’il faut que nous agissions autrement avec cette population », a-t-elle affirmé.
Selon les autorités, les recherches doivent se poursuivre avant l’établissement d’un bilan définitif. Djenabou Touré a d’ailleurs appelé à la prudence sur les chiffres, indiquant que le bilan ne pourra être établi qu’à l’issue des opérations de recherche.
Doura



