Dar-es-Salam : des échauffourées éclatent lors de l’opération de déguerpissement autour de la décharge

Dar-es-Salam : des échauffourées éclatent lors de l’opération de déguerpissement autour de la décharge

28 août 2026 Non Par LA RÉDACTION

Des tensions ont éclaté jeudi 27 août 2026 dans le quartier de Dar-es-Salam, à Conakry, entre des habitants et les équipes engagées dans une opération de déguerpissement autour de la décharge.

Plusieurs résidents dénoncent les conditions de leur départ et réclament des mesures de relogement.
La situation était tendue jeudi dans le quartier de Dar-es-Salam, à Conakry. Des échauffourées ont opposé des habitants concernés par l’opération de déguerpissement aux équipes chargées de l’application de la mesure.
Selon plusieurs résidents, les autorités leur avaient accordé un délai de 72 heures pour quitter les lieux. Mais, après le récent éboulement meurtrier survenu au niveau de la décharge, l’opération aurait été accélérée, entraînant la destruction de plusieurs habitations.
« Ils sont venus marquer nos maisons et ont donné 72 heures pour quitter les lieux. Après l’éboulement, les choses se sont accélérées et nos maisons sont à terre. Nous n’avons pas d’autre endroit où aller. Moi, je vis ici depuis 40 ans », témoigne Naby Laye Soumah, habitant du quartier.
D’autres résidents contestent également le périmètre retenu pour l’opération. Fatoumata, une autre habitante, affirme notamment que son foyer ne se trouve pas dans la zone initialement concernée par le déguerpissement.
« Nous sommes nés ici et nous ne savons pas où aller »
Pour Habibatou, également touchée par l’opération, la situation est d’autant plus difficile que sa famille affirme occuper les lieux depuis plusieurs décennies.
« Mon père a acquis ce terrain en 1982. La décharge a été érigée vers 1986. Au début, ils prenaient la terre lors de la construction du Palais des Nations. Après, ils ont transformé l’endroit en décharge d’ordures. Les responsables avaient dit à l’époque que nous n’étions pas concernés. Nous sommes nés ici et nous ne savons pas où aller », explique-t-elle.
Ces témoignages illustrent le désarroi de plusieurs familles installées depuis longtemps aux abords de la décharge et désormais confrontées à la perte de leurs logements.
Une opération lancée après l’éboulement meurtrier
Les tensions interviennent quelques jours après le drame survenu à Dar-es-Salam, où un éboulement au niveau de la décharge a provoqué un lourd bilan humain. Selon les derniers chiffres communiqués, 31 personnes ont perdu la vie et une trentaine d’autres ont été blessées.
À la suite de cette catastrophe, les autorités ont engagé des opérations visant à sécuriser le site et à libérer les zones considérées comme dangereuses.
Mais pour les habitants concernés, le déguerpissement ne peut être dissocié de la question de leur prise en charge. Ils réclament notamment davantage de temps pour quitter les lieux ainsi que des solutions de relogement.
La situation reste donc particulièrement sensible à Dar-es-Salam, où les autorités doivent désormais concilier les impératifs de sécurité liés aux risques autour de la décharge et les préoccupations des familles qui affirment n’avoir aucune solution de repli.

 

Yayé Barry