Crise politique à Madagascar : le ministre des Armées reconnaît le chef d’état-major issu du Capsat, l’unité mutinée

Crise politique à Madagascar : le ministre des Armées reconnaît le chef d’état-major issu du Capsat, l’unité mutinée

12 octobre 2025 Non Par Doura

 

Une crise militaire et politique sans précédent

La tension ne cesse de monter à Madagascar. Ce dimanche 12 octobre 2025, le ministre des Armées a officiellement reconnu comme chef d’état-major un officier désigné par le Capsat, une unité militaire entrée en mutinerie après avoir rejoint les manifestants exigeant la démission du président Andry Rajoelina.

Dans la matinée, plusieurs soldats de cette unité se sont mêlés à la foule réunie à Antananarivo pour rendre hommage aux victimes tombées depuis le début des manifestations antigouvernementales le 25 septembre. Interrogé par RFI, le colonel à l’origine de l’appel à la désobéissance a déclaré être « un simple officier au service du peuple ».


Les points essentiels à retenir

Depuis le 25 septembre 2025, le pays est secoué par une vague de contestation populaire menée notamment par le collectif Gen Z, symbole d’une jeunesse en colère contre les coupures d’eau et d’électricité et plus largement contre la gouvernance actuelle.

► Le président Andry Rajoelina, âgé de 51 ans, fait face à une forte contestation. Malgré plusieurs consultations politiques, il n’est pas parvenu à apaiser la colère des manifestants, qui réclament sa démission ainsi que celle du président du Sénat.

► Les manifestations du 11 octobre à Antananarivo ont marqué un tournant, avec la participation de militaires. L’unité du Capsat a appelé ouvertement à la désobéissance afin de « protéger les civils ».

► En réaction, le président Rajoelina a dénoncé une « tentative illégale de prise du pouvoir par la force », contraire à la Constitution. Pourtant, dans une vidéo diffusée sur les réseaux, les officiers du Capsat ont annoncé que désormais, tous les ordres militaires – terre, air et mer – émaneraient de leur quartier général.


Un pays au bord du basculement

Cette situation met Madagascar face à un risque majeur d’escalade militaire et d’instabilité politique. Tandis que la communauté internationale appelle au dialogue et au respect de la légalité constitutionnelle, les regards se tournent vers Antananarivo, où se joue l’avenir du régime Rajoelina.


Avec RFI