Le climat est plus que tendu au sein de la chaîne privée Télé 24. Les journalistes, chroniqueurs et techniciens réunis au sein d’un collectif, sont en grève illimitée depuis plusieurs jours. À travers une déclaration publique, lue à Conakry, le 4 août 2025, par leur porte-parole Abdoulaye Kaback Camara, ils dénoncent une situation professionnelle et humaine devenue, selon eux, « insoutenable ».
Depuis le rachat de la chaîne en 2024, l’identité réelle du nouveau propriétaire demeure floue. En juillet de la même année, un certain Bangaly a été présenté à l’équipe comme le nouvel interlocuteur décisionnaire, sans présentation officielle ni rencontre physique. Cette opacité a été le point de départ, selon les grévistes, d’une série de dysfonctionnements graves.
« Nos conditions de travail se sont dégradées de façon brutale : réduction de salaires, licenciements injustifiés, pressions permanentes sur les équipes. Nous travaillons dans la peur et sans respect des droits les plus élémentaires », affirme le porte-parole.
Le cœur de la colère réside dans les arriérés de salaires que certains employés n’ont pas perçus depuis quatre à six mois. Une situation que le collectif qualifie de « violente et déshumanisante », dans un contexte de vie déjà difficile pour nombre de travailleurs des médias en Guinée.
Ils pointent également du doigt M. Gbilamou, gestionnaire de fait de la chaîne, accusé de décisions « brutales » et d’une gestion autoritaire. Aucun dialogue social n’aurait été instauré, malgré les multiples tentatives internes.
Dans leur déclaration, les grévistes posent deux revendications principales, le paiement immédiat et intégral des salaires impayés ,
Une rencontre officielle avec le véritable propriétaire de Télé 24, qu’ils estiment être le seul en mesure d’apporter des réponses concrètes.
Sans réponse favorable, ils annoncent que la grève se poursuivra « jusqu’à nouvel ordre », et d’autres actions plus fortes sont en cours de préparation.
Enfin, les travailleurs en grève lancent un appel à la solidarité à l’ensemble de la presse guinéenne, ainsi qu’à l’attention des autorités de régulation et du ministère de la Communication. Ils affirment ne pas chercher à nuire à l’image du média, mais à travailler dans la dignité et dans le respect du droit.
« Nous voulons simplement exercer notre métier dans des conditions décentes. Trop, c’est trop. »
À l’heure où les médias indépendants sont essentiels à la démocratie, cette crise à Télé 24 soulève des questions profondes sur la précarité des journalistes et sur l’encadrement de la gouvernance des organes de presse en Guinée.
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