Crise à la Feguifoot : le gouvernement hausse le ton face à une nouvelle instabilité

Crise à la Feguifoot : le gouvernement hausse le ton face à une nouvelle instabilité

12 juillet 2026 Non Par LA RÉDACTION

La nouvelle crise qui secoue la Fédération Guinéenne de Football (FGF) suscite une vive inquiétude au sommet de l’État. Au lendemain de la cessation des fonctions du Bureau exécutif, consécutive à la démission de l’un de ses membres, le ministère de la Jeunesse et des Sports a publié, le 11 juillet 2026, un communiqué dans lequel il déplore une situation susceptible de compromettre les efforts de stabilisation entrepris ces dernières années.
Selon le département dirigé par le ministre Cellou Baldé, cette crise intervient à un moment où le football guinéen semblait renouer avec une gouvernance plus stable après plusieurs années de turbulences institutionnelles. Le ministère rappelle que le gouvernement a accompagné les différents processus de dialogue entre les acteurs du football et multiplié les démarches auprès de la FIFA et de la Confédération africaine de football (CAF) afin d’éviter des sanctions qui auraient pu priver les équipes nationales des compétitions internationales.
Le communiqué souligne que ces efforts diplomatiques ont permis à la Guinée de préserver sa place dans les compétitions internationales tout en maintenant les programmes de développement financés par les instances du football mondial.
Pour le ministère, la nouvelle crise risque toutefois de remettre en cause les investissements politiques, administratifs, diplomatiques et financiers consentis par l’État pour restaurer la crédibilité des instances dirigeantes du football national.
Tout en réaffirmant son attachement au principe de l’autonomie du mouvement sportif, consacré par les textes nationaux ainsi que par les règlements de la FIFA, de la CAF et de la FGF, le département insiste sur la nécessité d’allier cette autonomie à une gouvernance responsable, à la stabilité institutionnelle et à la défense de l’intérêt général.
Le ministère annonce qu’il exercera pleinement les prérogatives que lui confèrent les lois de la République afin de garantir la continuité du fonctionnement des institutions sportives nationales. Les décisions qui seront prises, précise-t-il, se feront en concertation avec les instances concernées et dans le strict respect des textes nationaux ainsi que des règlements de la FIFA et de la CAF.
Le département appelle enfin l’ensemble des acteurs du football guinéen à privilégier le dialogue et le sens des responsabilités afin de parvenir rapidement à une solution durable.
Une instabilité chronique
Cette nouvelle crise n’est pas un fait isolé. Depuis une dizaine d’années, la Fédération Guinéenne de Football traverse une succession de conflits internes. Entre élections contestées, révocations, démissions et mise en place d’un comité de normalisation, pas moins de quatre dirigeants se sont succédé à la tête de l’instance.
À chaque épisode de crise, les questions liées à la gouvernance et à la gestion des ressources financières reviennent au premier plan. Les importantes subventions accordées par la FIFA, la CAF et les pouvoirs publics alimentent régulièrement les tensions entre les différents responsables du football guinéen, faisant de la gestion de la fédération un enjeu particulièrement sensible.
Le défi des matchs à domicile
Parallèlement à cette crise institutionnelle, le ministre de la Jeunesse et des Sports, Cellou Baldé, poursuit un autre chantier majeur : permettre au Syli national de retrouver son public en obtenant l’homologation du stade du 28-Septembre.
L’objectif affiché est de mettre fin à plusieurs années de délocalisation des rencontres internationales de la Guinée, organisées dans des pays voisins faute d’infrastructures répondant aux normes de la CAF.
Le retour des matchs à domicile représenterait non seulement un avantage sportif, mais permettrait également de réduire les importantes dépenses liées aux déplacements, à l’hébergement et à la logistique de l’équipe nationale. À l’inverse, la poursuite des délocalisations continue d’engendrer des coûts élevés, régulièrement dénoncés par des observateurs qui estiment que cette situation favorise certains intérêts autour de la gestion des missions de l’équipe nationale.
Dans ce contexte, la stabilisation de la Feguifoot apparaît plus que jamais comme une condition essentielle pour assurer une gouvernance crédible, renforcer la transparence dans la gestion des ressources et accompagner les ambitions du football guinéen sur la scène continentale et internationale.

 

Abdourahmane Koula Diallo