CRIEF : Alphonse Charles Wright ordonne une enquête contre deux huissiers, Fodé Mamoudou Yansané et Oumar Keita
29 octobre 2026
Le procureur spécial près la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF), Alphonse Charles Wright, a transmis à l’Office de répression des délits économiques et financiers (ORDEF) une plainte visant les huissiers de justice Fodé Mamoudou Yansané et Oumar Keita, ainsi que la Société civile professionnelle des huissiers de justice (SCPHJ) Lagni. Ils sont mis en cause pour des faits présumés de vol, de faux et usage de faux en écriture publique et de complicité.
Dans un courrier daté du 29 octobre 2026, Alphonse Charles Wright demande à l’ORDEF de mener une enquête préliminaire à la suite d’une plainte déposée le 12 octobre par le cabinet de Maître Malick Touré, avocat à la Cour, au nom des héritiers de feu Sékou Bozik Doumbouya.
Selon les éléments rapportés dans cette plainte, le dossier porte sur l’exécution d’une ordonnance d’injonction de payer n° 072, rendue le 19 octobre 2023 par le Tribunal de commerce de Conakry au bénéfice d’Ibrahima Side Tourad.
Les plaignants contestent les conditions dans lesquelles des huissiers se seraient rendus au domicile du défunt pour procéder à une saisie-vente. Ils affirment que des actes auraient été signifiés à un enfant mineur par l’intermédiaire d’un courtier.
Quatre véhicules et engins au cœur du litige
La plainte évoque également l’enlèvement de quatre véhicules et engins dont la destination serait, selon les héritiers, inconnue à ce jour. Il s’agit d’un camion plateau, d’un porte-char sans cabine, d’un camion-benne et d’un Toyota Land Cruiser double cabine.
Les héritiers de Sékou Bozik Doumbouya et leur conseil s’interrogent sur le lieu où se trouvent ces biens et sur les conditions de leur enlèvement. Ils estiment que les faits dénoncés pourraient relever du vol et invoquent notamment l’article 120 de l’Acte uniforme de l’OHADA portant organisation des procédures simplifiées de recouvrement et des voies d’exécution, relatif aux modalités de la vente forcée des biens saisis.
L’ORDEF saisi pour enquête
En transmettant le dossier à l’ORDEF, le procureur spécial demande que des investigations soient menées sur les faits dénoncés à l’encontre de Fodé Mamoudou Yansané, Oumar Keita et de la SCPHJ Lagni.
L’enquête devra notamment permettre d’établir les circonstances de la saisie, de déterminer la destination des biens concernés et d’examiner les éventuelles responsabilités.
À ce stade, les faits rapportés constituent des accusations formulées dans le cadre d’une plainte. L’enquête préliminaire sollicitée par le parquet spécial ne signifie pas que les personnes mises en cause ont été reconnues coupables. Leur responsabilité éventuelle devra être établie par les autorités compétentes, dans le respect de la présomption d’innocence.
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