Bénin : Mandat d’arrêt international contre Kemi Seba et arrestation de l’ex-ministre Candide Azannaï après le putsch manqué

Bénin : Mandat d’arrêt international contre Kemi Seba et arrestation de l’ex-ministre Candide Azannaï après le putsch manqué

12 décembre 2025 Non Par LA RÉDACTION

 

Cinq jours après la tentative de coup d’État avortée contre le président Patrice Talon, les autorités béninoises intensifient leurs actions judiciaires. Ce 12 décembre, un mandat d’arrêt international a été émis contre l’activiste franco-béninois Kemi Seba, ainsi que contre Sabi Sira Korogone, président du Mouvement populaire de libération (MPL). Tous deux sont poursuivis pour apologie du terrorisme et incitation à la révolte, des infractions passibles de 2 à 5 ans de prison et d’une amende pouvant atteindre 10 millions de francs CFA, selon une source judiciaire.

Dans une première vidéo publiée le 7 décembre, au matin du putsch, Kemi Seba s’était félicité du renversement supposé de Patrice Talon, avant que l’opération ne soit rapidement maîtrisée par les forces loyalistes. Il avait ensuite affirmé que cette tentative n’était « qu’un premier coup d’essai », avertissant que d’autres actions pourraient suivre si le président béninois ne « se remettait pas en question ». Il déclarait notamment : « Le Bénin libre ou la mort », allant jusqu’à annoncer à tort l’arrestation du chef de l’État.

Interpellation de Candide Azannaï

Parallèlement, l’ancien ministre de la Défense devenu opposant, Candide Azannaï, a été interpellé le 12 décembre aux alentours de 11 heures dans les locaux de son parti, Restaurer l’Espoir, à Cotonou, où il tenait une séance de travail. Il est actuellement entendu par les enquêteurs de la direction de la police judiciaire, même si les motivations officielles de son arrestation n’ont pas encore été révélées.

La veille du putsch déjoué, une réunion de son parti avait été interdite à Sèmè-Kpodji, à 30 kilomètres de la capitale économique. Ancien soutien du président Talon, Candide Azannaï a rompu avec le pouvoir en 2017 et s’est depuis imposé comme une voix critique, défendant une ligne de « résistance » et refusant toute participation aux scrutins organisés par le gouvernement.


Yayé Barry