Après la sanction de la HAC, Vanessa Burggraf écrit à Mamadi Doumbouya
18 septembre 2026La décision de la Haute Autorité de la Communication (HAC) de Guinée d’interdire France 24 sur l’ensemble du territoire national marque une nouvelle étape dans les difficultés rencontrées par la chaîne française en Afrique de l’Ouest.
Le jeudi 17 septembre 2026, la HAC a ordonné l’interdiction immédiate de la diffusion de France 24 en Guinée, par satellite, câble, applications mobiles, sites internet et réseaux sociaux. L’autorisation de diffusion de la chaîne a également été révoquée et les accréditations de ses correspondants, envoyés spéciaux et collaborateurs retirées.
Cette décision intervient après une polémique née d’une séquence diffusée sur l’antenne de France 24, au cours de laquelle le président guinéen Mamadi Doumbouya avait été qualifié de « président putschiste ». La HAC avait, dans un premier temps, mis la chaîne en demeure de procéder aux rectifications nécessaires.
France 24 a ensuite reconnu une erreur. À l’antenne, le journaliste concerné a rectifié ses propos, rappelant que Mamadi Doumbouya était arrivé au pouvoir par un coup d’État en 2021 avant d’être élu président de la République en décembre 2025.
Vanessa Burggraf écrit directement à Mamadi Doumbouya
Dans ce contexte, la directrice de France 24, Vanessa Burggraf, a directement saisi le chef de l’État guinéen.
Dans une lettre datée du 17 septembre 2026 et adressée au président Mamadi Doumbouya, elle reconnaît qu’un journaliste de la chaîne a employé « un qualificatif inexact » à l’antenne.
La directrice affirme que cette erreur a été immédiatement reconnue et corrigée, à la fois à l’antenne et sur les supports numériques de France 24. Elle précise également que le journaliste concerné a été convoqué par la direction afin de lui rappeler la responsabilité éditoriale particulière d’une chaîne internationale.
Vanessa Burggraf assure que l’incident n’avait « aucune intention de manquer de respect » aux institutions guinéennes, à la fonction présidentielle ou à la personne de Mamadi Doumbouya.
Elle indique également que France 24 s’est conformée aux demandes formulées par la HAC.
S’adressant directement au président guinéen, la directrice de France 24 sollicite finalement sa « bienveillance » afin que les mesures prises contre la chaîne puissent être réexaminées.
Une chaîne déjà interdite dans plusieurs pays de la région
La Guinée devient ainsi un nouveau pays d’Afrique de l’Ouest où France 24 ne peut plus être diffusée.
Au Niger, l’Observatoire national de la communication a suspendu en mai 2026 France 24 ainsi que plusieurs autres médias étrangers, en invoquant notamment des préoccupations liées à l’ordre public, à la cohésion sociale et à la stabilité des institutions.
La chaîne avait également déjà été interdite au Mali et au Burkina Faso dans le contexte de tensions croissantes entre les autorités de ces pays et plusieurs médias français.
Au Togo, France 24 et RFI avaient été suspendues en juin 2025 pour une durée initiale de trois mois. Cette période étant arrivée à échéance en septembre 2025, les deux médias n’ont toutefois pas repris leur diffusion dans le pays. En avril 2026, le sujet était encore évoqué lors de la visite à Lomé du ministre français des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot.
Une nouvelle situation pour France 24 en Guinée
La particularité du cas guinéen tient au fait que l’interdiction intervient après une séquence très précise et alors même que France 24 a publiquement reconnu son erreur et présenté un rectificatif.
La décision de la HAC prévoit en outre le blocage des accès numériques à la chaîne et demande aux acteurs concernés, notamment les opérateurs de diffusion, de prendre les mesures nécessaires à son application.
La demande adressée personnellement par Vanessa Burggraf à Mamadi Doumbouya ouvre désormais une nouvelle phase dans ce dossier : celle d’une éventuelle réévaluation de la sanction par les autorités guinéennes.
Doura



