Affaire Algassimou Diallo : le ministre de la Justice justifie sa suspension et sa révocation

Affaire Algassimou Diallo : le ministre de la Justice justifie sa suspension et sa révocation

20 août 2026 Non Par LA RÉDACTION

Le Conseil supérieur de la magistrature a décidé, ce jeudi 20 août 2026, de révoquer le magistrat Algassimou Diallo. Cette décision met fin à sa carrière dans la magistrature, selon les explications données par le ministre de la Justice et des Droits de l’Homme, Ibrahima Sory Tounkara, à la télévision nationale.
L’affaire, particulièrement sensible, intervient alors qu’Algassimou Diallo, magistrat à la Cour suprême, est accusé par les autorités judiciaires d’avoir eu des échanges avec l’opposant Cellou Dalein Diallo, échanges que le ministère de la Justice considère comme susceptibles de porter atteinte à la stabilité du pays.
Réuni en conseil de discipline, le Conseil supérieur de la magistrature a prononcé sa révocation en se référant notamment aux articles 20, 35 et 36 de la loi organique portant statut des magistrats.
Dans un long élément consacré à cette affaire, la télévision nationale est revenue sur les faits reprochés au magistrat ainsi que sur la procédure ayant conduit à sa révocation.
Le ministre de la Justice justifie la suspension
Ibrahima Sory Tounkara, garde des Sceaux et ministre de la Justice, a expliqué que la procédure avait débuté par une suspension à titre conservatoire.
« Conformément à la loi 054 du 17 mai 2013 relative aux statuts des magistrats, le garde des Sceaux, ministre de la Justice, a le pouvoir de suspendre à partir du moment où il constate que ce dernier a commis des faits qui sont susceptibles d’entraîner une faute disciplinaire », a-t-il déclaré.
Selon lui, les faits portés à sa connaissance concernant Algassimou Diallo ne correspondaient pas, à ses yeux, aux obligations attachées à la fonction de magistrat.
« J’ai été informé de certains faits de Monsieur Algassimou Diallo en tant que magistrat, même s’il est de la Cour suprême. Le statut du magistrat dit : magistrat, toutes catégories confondues », a expliqué le ministre.
Ibrahima Sory Tounkara affirme avoir considéré certains de ces faits comme incompatibles avec l’exercice de la fonction judiciaire.
« J’ai estimé que ce n’était pas très catholique, des faits qui normalement ne devaient pas être commis par un magistrat, des faits qui sortent carrément du cadre de la pratique d’un magistrat. J’ai jugé nécessaire de le suspendre », a-t-il poursuivi.
Une suspension présentée comme une mesure conservatoire
Le ministre de la Justice rappelle que la législation lui permet de prendre une mesure provisoire lorsqu’un magistrat est soupçonné d’avoir commis des faits susceptibles de constituer une faute disciplinaire.
Il cite notamment l’article 38 de la loi portant statut des magistrats, qui permet, selon lui, au garde des Sceaux de suspendre provisoirement un magistrat avant la saisine du Conseil supérieur de la magistrature.
« Cette suspension est provisoire. L’article 38 de cette loi nous permet de le faire. C’est une mesure conservatoire que le garde des Sceaux peut prendre avant de saisir le Conseil de la magistrature », a-t-il précisé.
« Il n’est plus magistrat »
La procédure a désormais abouti à une décision définitive sur le plan disciplinaire : la révocation d’Algassimou Diallo.
« Monsieur Algassimou Diallo vient d’être révoqué par le conseil de discipline du Conseil supérieur de la magistrature. Ça veut dire qu’à partir de l’instant, il n’est plus magistrat », a affirmé Ibrahima Sory Tounkara.
Cette décision marque ainsi une nouvelle étape dans une affaire qui suscite une attention particulière, notamment en raison du profil du magistrat concerné. Algassimou Diallo avait notamment été connu du grand public pour son rôle dans le procès des massacres du 28 septembre 2009, aux côtés de plusieurs acteurs de la justice guinéenne, dont l’actuel garde des Sceaux.

Yayé Barry