Mali-Burkina Faso : la fermeture des mines clandestines en Guinée pourrait s’inviter dans les échanges entre Assimi Goïta et Ibrahim Traoré
4 novembre 2026Le président Malien, le général d’armée Assimi Goïta, est attendu à Ouagadougou ce jeudi 5 novembre 2026 pour une visite de travail et d’amitié. Dans un contexte marqué par la fermeture des sites d’orpaillage clandestin en Guinée et le départ de ressortissants maliens et burkinabè, cette rencontre entre les deux dirigeants de la Confédération des États du Sahel (AES) suscite des interrogations.
La Direction générale du Protocole d’État de la Présidence du Faso a annoncé cette visite dans un communiqué officiel. Selon le document, elle s’inscrit dans le cadre des relations de coopération et d’amitié entre le Mali et le Burkina Faso.
« Les échanges entre les autorités des deux pays pourraient notamment porter sur le renforcement de la coopération bilatérale et les enjeux communs au sein de l’espace sahélien », précise le communiqué.
Si aucun ordre du jour détaillé n’a été rendu public, la situation des ressortissants maliens et burkinabè présents en Guinée pourrait constituer un sujet d’intérêt pour les deux chefs d’État.
Des départs de ressortissants maliens et burkinabè vers Kourémalé
Depuis plusieurs heures, des influenceurs maliens et burkinabè diffusent sur les réseaux sociaux des images montrant des ressortissants de leurs pays traversant les frontières guinéennes en direction du Mali.
Ces mouvements interviennent dans le contexte de la fermeture des sites d’orpaillage clandestin en Guinée, une mesure engagée par les autorités guinéennes pour lutter contre la dégradation de l’environnement et les conséquences de l’exploitation aurifère illégale.
Du côté burkinabè, certaines voix présentent ces départs comme des expulsions de ressortissants. Une lecture qui contraste avec la position guinéenne, où les opérations contre l’orpaillage clandestin sont généralement bien accueillies par l’opinion publique.
La Guinée intensifie la lutte contre l’orpaillage clandestin
La fermeture des sites d’exploitation aurifère illégale s’inscrit dans une volonté des autorités guinéennes de préserver les terres agricoles, les ressources naturelles et l’environnement.
Dans la région de Siguiri, particulièrement touchée par les activités d’orpaillage, des mesures disciplinaires ont également été prises contre des responsables locaux accusés d’avoir favorisé l’exploitation clandestine de l’or.
Par un décret présidentiel lu à la télévision nationale, plusieurs administrateurs territoriaux ont été radiés de la fonction publique et des effectifs de l’armée pour des faits liés à la promotion ou à la facilitation de l’orpaillage clandestin.
Cette décision marque un durcissement de la position des autorités guinéennes face aux pratiques qui contribuent à la destruction des terres cultivables et à la dégradation de l’environnement.
Dans ce contexte, la visite d’Assimi Goïta à Ouagadougou intervient à un moment où les questions migratoires, environnementales et minières prennent une dimension régionale. Reste à savoir si la situation des ressortissants maliens et burkinabè concernés par les opérations en Guinée sera effectivement abordée par les deux dirigeants de l’AES.
Doura



