Siguiri : la CRIEF ordonne une enquête contre 22 responsables administratifs et plusieurs hauts cadres des Mines

Siguiri : la CRIEF ordonne une enquête contre 22 responsables administratifs et plusieurs hauts cadres des Mines

2 novembre 2026 Non Par LA RÉDACTION

Le parquet spécial près la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF) a ordonné l’ouverture d’une enquête préliminaire sur des faits présumés d’atteinte grave à l’environnement, de complicité et de corruption à Siguiri. Vingt-deux responsables préfectoraux et sous-préfectoraux, ainsi que plusieurs hauts cadres du ministère des Mines, sont concernés par cette procédure.

La lutte contre l’exploitation minière clandestine et ses conséquences environnementales prend une nouvelle tournure judiciaire en Guinée. Dans une instruction datée du 2 novembre 2026, le procureur spécial près la CRIEF, Alphonse Charles Wright, a instruit le directeur central de l’Office de répression des délits économiques et financiers (ORDEF) d’ouvrir une enquête préliminaire sur des faits présumés d’atteinte grave à l’environnement, de complicité et de corruption d’agents publics et privés dans la région administrative de Siguiri.

Cette décision fait suite à un communiqué multidiffusion du ministère de l’Administration du territoire et de la Décentralisation, daté du 29 octobre 2026, faisant état de pratiques contribuant à la dégradation de l’environnement dans cette région aurifère du nord-est de la Guinée.

Selon le procureur spécial, ces activités auraient des conséquences négatives sur l’autosuffisance alimentaire et la sécurité des populations.

22 responsables préfectoraux et sous-préfectoraux concernés

L’enquête vise notamment 22 responsables administratifs de la région de Siguiri, dont le gouverneur par intérim, le colonel Fayimba Mara, ainsi que plusieurs préfets et sous-préfets.

Parmi les personnes concernées figurent notamment Mariam 2 Camara, préfète par intérim de Doko, Aliou Camara, préfet par intérim de Dialakoro, Mohamed Lamine Koïta, préfet par intérim de Kintinian, et Sory Camara, préfet par intérim de Siguirini.

La liste comprend également plusieurs sous-préfets, notamment Pépé Doualamou, Richard Yaradouno, Lansana Abdoulaye Kourouma, Roger Lamah, Moussa Diakité, Morlaye Soumah, Hamidou Cissé et Mami Camara.

Les autres responsables cités dans l’instruction sont Naman Kourouma, Almamy Konaté, Djiba Condé, Fodé Isaac Camara, Kaba Sidibé, Abakar Kanté, Moussa Oularé, Lansana Kourouma et Djanko Camara.

Ces responsables administratifs ont récemment été suspendus par le ministère de l’Administration du territoire et de la Décentralisation, dans le contexte des préoccupations liées à la dégradation de l’environnement dans la région.

Le ministre des Mines et plusieurs cadres également concernés

Au-delà des autorités préfectorales et sous-préfectorales, le procureur spécial demande également l’audition de plusieurs responsables du secteur minier.

Il s’agit notamment de Bouna Sylla, ministre des Mines et de la Géologie, de Karamoko Soumah, inspecteur général des Mines, de Kabinet Kaba, inspecteur général adjoint des Mines, ainsi que de Jeannot Kolie, inspecteur régional des Mines et de la Géologie de Kankan et Siguiri.

Amoé Kovogui, ancien directeur préfectoral des Mines, de la Géologie et de l’Exploitation artisanale de Siguiri, figure également parmi les personnes à entendre dans le cadre de cette enquête.

Une enquête sous la direction du parquet spécial

Dans son instruction, Alphonse Charles Wright rappelle que cette nouvelle dénonciation intervient alors qu’une information judiciaire avait déjà été ouverte pour des faits similaires.

Cette précédente procédure avait conduit à l’inculpation de plusieurs autorités et de certaines personnes de nationalité chinoise.

Le procureur spécial estime que, malgré les efforts du gouvernement dans la prévention de ces infractions, la répression doit désormais être systématiquement engagée, dans le respect des règles de procédure pénale en vigueur en République de Guinée.

L’enquête sera conduite sous la direction du parquet spécial près la CRIEF, avec l’assistance des substituts Ousmane Sano, Biwon Millimono et Pierre Segbé Kamano.

Les investigations devront permettre de faire la lumière sur les faits dénoncés et d’établir les éventuelles responsabilités.

À ce stade, l’ouverture de cette enquête ne signifie pas que les personnes citées sont coupables. Leur responsabilité éventuelle devra être établie à l’issue des investigations et, le cas échéant, d’une procédure judiciaire.

TBD