Guinée : le patronat de la presse réclame une hausse de la subvention annuelle à 15 milliards GNF
1 novembre 2026Le nouveau bureau de la Fédération patronale des associations professionnelles de la presse de Guinée (FEPAP-GUI) souhaite une revalorisation significative de la subvention publique accordée aux médias privés. Reçu vendredi 30 octobre 2026 par le président de la Haute Autorité de la Communication (HAC), Amadou Tham Camara, président de la fédération, a plaidé pour une augmentation de cette enveloppe annuelle, actuellement fixée à 3 milliards, à 15 milliards de francs guinéens.
Au cours de cette rencontre, le nouveau bureau de la FEPAP-GUI a présenté ses principales orientations, notamment l’assainissement du secteur des médias et le développement d’entreprises de presse économiquement viables.
Parmi les priorités annoncées figure également l’élaboration d’une convention collective destinée à encadrer les conditions de travail des professionnels des médias. Selon Amadou Tham Camara, ce document est déjà à un stade avancé de finalisation.
« Nous allons travailler sur l’élaboration d’une convention collective qui est pratiquement finie. Ce que nous demandons, c’est de pouvoir avoir les moyens financiers pour faire face à tous les engagements que nous allons prendre dans cette convention », a-t-il expliqué.
Pour accompagner cette réforme, le président de la fédération estime nécessaire d’augmenter les ressources publiques destinées au financement de la presse privée. Il rappelle que la subvention annuelle est restée à 3 milliards de francs guinéens depuis 2009, malgré les évolutions économiques et les transformations du paysage médiatique.
Amadou Tham Camara évoque notamment la dépréciation du franc guinéen face au dollar américain pour justifier sa demande de porter cette enveloppe à 15 milliards GNF.
Le patronat de la presse pointe également la concurrence des grandes plateformes numériques, notamment Facebook, Google et TikTok, qui captent une part importante des recettes publicitaires autrefois destinées aux médias traditionnels.
Face à cette situation, il invite l’État à réfléchir à une taxation de ces plateformes numériques, dont une partie des revenus pourrait servir à soutenir financièrement les entreprises de presse.
« Il est bon que l’État travaille sur la taxation de ces plateformes. Les revenus qui vont être engendrés, une partie pourrait être dédiée à subventionner la presse », a proposé le président de la FEPAP-GUI.
Sur le plan institutionnel, Amadou Tham Camara affirme vouloir instaurer de nouvelles relations entre les professionnels des médias et les autorités. Il assure que la presse entend tirer les leçons du passé et exercer son rôle avec responsabilité et indépendance.
Le nouveau bureau de la FEPAP-GUI entend ainsi faire de l’assainissement du secteur, de l’amélioration des conditions de travail des journalistes et du renforcement de la viabilité économique des entreprises de presse ses principaux chantiers.
Yayé Barry



