Labé : à Donta, un enseignant contractuel affirme avoir été renvoyé après un appel à l’aide
29 octobre 2026Dans le district de Donta, relevant de la sous-préfecture de Diari, dans la préfecture de Labé, le manque d’infrastructures scolaires et d’enseignants continue de susciter des inquiétudes. Un enseignant contractuel, qui affirme avoir été écarté de son poste après avoir publiquement dénoncé les difficultés de son établissement, dit ne pas comprendre cette décision.
Alpha Boubacar Baldé est au cœur de cette situation. Selon son témoignage, il assurait seul l’encadrement de trois groupes pédagogiques, de la première à la troisième année, pour un effectif annoncé d’environ 80 élèves.
« Il y a trois groupes pédagogiques, à savoir la première année, la deuxième année et la troisième année. Je suis le seul à assurer l’encadrement de ces trois groupes, qui comptent au total 80 élèves. Et même cet effectif n’est pas stable », explique-t-il.
C’est lors d’une cérémonie de remise de kits scolaires offerts par un donateur que l’enseignant affirme avoir profité de la présence d’un journaliste pour attirer l’attention sur les difficultés de son école. Il aurait alors sollicité l’affectation d’un deuxième enseignant afin d’améliorer les conditions d’apprentissage des élèves.
Mais cet appel à l’aide aurait été suivi de tensions avec certains responsables locaux de l’éducation.
« Hier, le DSEE m’a interpellé et m’a demandé si je suis là pour faire des vidéos ou pour enseigner. Le temps que je lui réponde, il a raccroché l’appel », rapporte l’instituteur, évoquant un échange avec le délégué scolaire de l’enseignement élémentaire (DSEE).
Après cet épisode, Alpha Boubacar Baldé affirme s’être rapproché de l’Association des parents d’élèves et amis de l’école (APEAE) pour lui faire part de la situation. Selon lui, les membres de cette structure auraient également été interpellés.
« Je suis allé voir l’APEAE pour lui expliquer ce que m’a dit le DSEE. Ils m’ont dit qu’ils avaient été interpellés de la même manière. Je suis ensuite allé voir le chef du secteur, qui m’a réitéré la même chose. Il m’a dit, d’ailleurs, qu’ils m’avaient renvoyé et qu’ils allaient fermer l’école », poursuit-il.
L’enseignant estime que sa démarche visant à obtenir un renfort pédagogique aurait été mal interprétée par les responsables concernés.
« Pour eux, je les ai humiliés. Je leur ai demandé si c’est à cause de l’appel à l’aide que j’ai lancé qu’ils m’ont renvoyé. Mais la communauté ne voulait pas du tout de mon départ », soutient-il.
Au-delà de son éviction présumée, Alpha Boubacar Baldé évoque également des tensions autour de la représentation des parents d’élèves. Il affirme qu’une nouvelle APEAE aurait été mise en place, remettant en cause la structure qui existait auparavant et qui, selon lui, se mobilisait pour la survie de l’établissement.
« Ils ont même créé une nouvelle APEAE, en remettant en cause celle qui existait et qui se battait pour la survie de l’école », déplore-t-il.
Pour l’heure, ces accusations restent à vérifier. Les circonstances exactes du départ annoncé de l’enseignant, les propos qu’il attribue aux responsables locaux ainsi que la menace de fermeture de l’école n’ont pas été confirmés par les personnes mises en cause.
Cette situation relance néanmoins la question des conditions d’apprentissage dans les zones rurales de la préfecture de Labé. À Donta, un seul enseignant pour trois niveaux et près de 80 élèves : une réalité qui souligne les difficultés auxquelles sont confrontés certains établissements scolaires en matière de personnel et de prise en charge des élèves.
Dans l’attente d’éventuelles clarifications des autorités éducatives, les besoins de l’école de Donta restent au centre des préoccupations, notamment celui d’un renforcement du personnel enseignant pour assurer de meilleures conditions d’apprentissage aux enfants.
N’Diré Diallo



