Sékouba Konaté : le grand naufrage d’un « général » en quête de crédibilité( Souleymane Souza Konaté)

Sékouba Konaté : le grand naufrage d’un « général » en quête de crédibilité( Souleymane Souza Konaté)

9 octobre 2026 Non Par Doura

 

Tous ceux qui ont eu le courage (ou le masochisme pur) d’écouter la récente prestation théâtrale du « général » Sékouba Konaté sur LGF TALK ont oscillé entre le fou rire incontrôlable et la pitié nationale. Voir l’ancien président par intérim de la transition de 2010 sombrer dans une telle déchéance morale et physique relève du grand spectacle de Guignol, l’option buvettière en plus. Une question taraude désormais l’esprit de chaque Guinéen, avec un sérieux pincement au cœur : comment un spécimen aussi incohérent, loufoque et haut en couleur a-t-il pu, un jour, tenir les rênes d’un pays tout entier sans en faire sauter les plombs ?

Au-delà de la caricature vivante, prisonnière de ses propres démons, de ses effluves suspects et de ses contradictions acrobatiques, c’est l’honneur de la Guinée qui se retrouve propulsé dans une mauvaise comédie de boulevard. Devant ce festival de contre-vérités destiné à mendier les faveurs de quelques nouveaux patrons, le « Général » devrait comprendre que son numéro d’illusionniste ne fait plus recette. Il n’est plus qu’un acteur de seconde zone, ridiculisé, et définitivement casé dans la poubelle, voire le compost, de l’Histoire.

Toujours guidé par la boussole très personnelle de ses intérêts du moment, l’homme ravale ses propres déclarations avec une agilité gastronomique déconcertante. Il en oublie ses propres amnésies sélectives : n’a-t-il pas répété sur tous les tons que le professeur Alpha Condé n’avait jamais gagné la présidentielle de 2010, élection qu’il pilotait pourtant lui-même, et que Cellou Dalein Diallo en était le vainqueur incontestable ? Il a fait son mea culpa en boucle auprès des leaders politiques, de chefs d’État médusés, de la communauté internationale et de dizaines de témoins qui cherchent encore leur souffle devant tant de culot.

Le voilà désormais qui confesse d’un air docte et solennel avoir conclu un « deal » avec Alpha Condé, après en avoir bricolé un autre avec le capitaine Moussa Dadis Camara, le tout sur fond d’espèces sonnantes et trébuchantes. Pour le général Sékouba Konaté, l’argent n’est pas seulement un moyen, c’est une divinité souveraine, son unique GPS moral. Chez lui, la main qui nourrit est très exactement celle qui active le pantin.

Le président de l’UFDG, homme pudique et mesuré, en sait de très belles sur le personnage, bien plus que Sékouba ne pourrait en bafouiller dans ses rares accès de franchise. On se souvient encore du « Général » faisant la tournée des grands ducs et sollicitant l’aide de chefs d’État pour recouvrer le montant promis en échange du tripatouillage des urnes. À Paris, dans le cadre feutré du palace George V, il promettait même de rétablir la « vérité des urnes », à condition, bien sûr, de recevoir son chèque de consolation. Les détails croustillants suivront.

Aujourd’hui, la valeur de sa parole équivaut à un billet de Monopoly mouillé. L’heure est venue pour ses anciens collaborateurs, compagnons de bamboche ou victimes, de rompre le silence pour démasquer ce général sans foi ni loi, qui s’imagine encore pouvoir berner l’intelligence collective avec des pirouettes télévisuelles.

Sékouba Konaté trahit tout ce qui bouge. Il nuit à quiconque a le malheur de croiser son ombre et mord les mains qui l’ont nourri, qu’elles soient militaires, politiques ou financières. Égocentrique, rancunier et doté d’un talent naturel pour le sabotage, il demeure le brillant artisan de sa propre déconfiture.

L’UFDG et son président observent ce cirque sans la moindre inquiétude. Ce chantage de cabaret se retournera contre son auteur et scellera son naufrage comique.

Le prétentieux Sékouba affirme désormais posséder des preuves de bourrages d’urnes en faveur de l’UFDG au premier tour, puis en faveur d’Alpha Condé au second. Qu’il exhibe donc ces fameux documents secrets ou qu’il se taise à jamais ! S’il existait le moindre début de preuve d’une quelconque culpabilité, lui et ses compères l’auraient étalée sur tous les murs de Conakry depuis dix ans.

Le général Sékouba Konaté est officiellement mis au défi de prouver ses affabulations. En tant que patron de la transition de l’époque, il est le premier responsable du pétrin national. Il a piétiné le vote du peuple et falsifié la volonté souveraine des Guinéens. Qu’il rassure ses démons : lui et ses semblables peuvent détester Cellou autant qu’ils le veulent, la volonté divine s’accomplira et Cellou Dalein dirigera la Guinée.

En réalité, ravalé au rang de figurant et frustré de ne plus être traité en héros national, le « Général » s’agite sur les plateaux et s’attaque aux personnalités respectées pour tenter d’exister encore un peu. Peine perdue : dans cet ultime numéro d’autodestruction en direct sur LGF TALK, il vient de liquider le dernier milligramme de crédibilité qui lui restait.

Sékouba Konaté s’est offert un suicide politique en prime time, et la pièce était particulièrement mauvaise.

À SUIVRE

Souleymane Souza KONATÉ.