Seydouba Soumah relaxé après un mois de détention pour des propos tenus dans un taxi
30 septembre 2026 Non Par LA RÉDACTIONLe tribunal de première instance de Kaloum a rendu son verdict, ce mercredi 30 septembre 2026, dans l’affaire opposant le ministère public à Seydouba Soumah et Ibrahima Camara. Poursuivis pour « tentative de trouble à l’ordre public », les deux prévenus ont finalement été renvoyés des fins de la poursuite.
Après avoir passé près d’un mois en détention, Seydouba Soumah a ainsi obtenu sa libération. À l’audience, le tribunal correctionnel de Kaloum a estimé que les faits qui lui étaient reprochés n’étaient pas suffisamment établis pour justifier une condamnation.
L’affaire remonte à la fin du mois d’août dernier. Seydouba Soumah et Ibrahima Camara avaient été interpellés à Lansanayah Barrage, dans la haute banlieue de Conakry, à la suite d’une conversation tenue à bord d’un taxi.
Selon les éléments présentés à l’audience, le chauffeur du véhicule avait engagé une discussion en affirmant qu’un militaire en service au Bataillon autonome des troupes aéroportées (BATA) lui aurait annoncé la possibilité d’un important affrontement en Guinée entre octobre et novembre.
Seydouba Soumah, assis à côté du chauffeur, aurait alors répondu qu’il avait lui aussi entendu parler de cette information. Il aurait notamment expliqué qu’il cherchait à réunir 20 millions de francs guinéens afin d’envoyer de l’argent à sa mère vivant en Côte d’Ivoire.
Un gendarme en civil se trouvait également dans le taxi au moment des échanges. Après avoir entendu la conversation, il aurait alerté ses collègues. Le véhicule a ensuite été intercepté au niveau du rond-point de Lansanayah Barrage. Le chauffeur aurait toutefois réussi à prendre la fuite.
À l’ouverture du procès, le ministère public avait considéré que les propos attribués à Seydouba Soumah étaient susceptibles de porter atteinte à la sécurité nationale. Le procureur avait ainsi requis un an d’emprisonnement ferme contre lui pour tentative de trouble à l’ordre public.
Concernant Ibrahima Camara, le parquet avait en revanche demandé son renvoi des fins de la poursuite, estimant que les éléments constitutifs de l’infraction n’étaient pas établis à son encontre. Il n’aurait notamment pas participé à la conversation à l’origine de l’interpellation.
Le tribunal a finalement suivi cette position et a prononcé la relaxe des deux jeunes hommes.
Yayé Barry



