Riposte au VIH/Sida : la Guinée appelle à renforcer les financements et la coordination

Riposte au VIH/Sida : la Guinée appelle à renforcer les financements et la coordination

16 septembre 2026 Non Par LA RÉDACTION

Le Secrétariat exécutif du Comité national de lutte contre les IST/Sida (SE/CNLS) a tenu, ce mercredi 16 septembre 2026, à l’hôtel NOOM de Conakry, sa 12ᵉ Assemblée générale ordinaire. La rencontre a réuni des représentants des institutions républicaines, du gouvernement, du secteur privé, de la société civile ainsi que des partenaires techniques et financiers engagés dans la riposte au VIH/Sida en Guinée.
La cérémonie a notamment enregistré la présence du chancelier de l’Ordre national du mérite ainsi que du conseiller du président de la République, Mamadi Doumbouya, Thierno Mamadou Bah.
Présidée par la ministre de la Santé et de l’Hygiène publique, Mme Khaïté Sall, première vice-présidente du CNLS, cette session a été consacrée à l’examen du bilan de la riposte nationale aux IST/Sida pour l’année 2025, à la validation du Plan d’Action Opérationnel (PAO) et du budget 2026, ainsi qu’au rapport financier 2025 du SE/CNLS.
Les participants ont également examiné l’évolution de la mise en œuvre de la subvention GC7 du Fonds mondial, notamment dans les volets prévention et prise en charge, ainsi que le nouveau Cadre stratégique national intégré VIH/Tuberculose/Hépatites 2027-2031.


Dr Abass Diakité : « L’objectif de mettre fin au Sida d’ici 2030 est atteignable »
Dans son discours d’ouverture, le secrétaire exécutif du CNLS, Dr Abass Diakité, a rappelé les efforts déployés depuis la précédente Assemblée générale pour poursuivre la mise en œuvre du Cadre stratégique national de lutte contre le Sida 2023-2027.
Il a indiqué que le bilan 2025, le PAO et le budget 2026 sont soumis à l’appréciation des membres du CNLS, tout en présentant le nouveau Cadre stratégique national intégré 2027-2031 consacré au VIH, à la tuberculose et aux hépatites.
Le secrétaire exécutif a surtout mis en avant plusieurs résultats enregistrés dans la riposte nationale.
Selon les données présentées, la prévalence nationale du VIH, qui était de 1,7 % en 2016, est maintenue à 1,5 % depuis 2018. Le nombre estimé de personnes vivant avec le VIH en Guinée s’élève à 131 810.
Le nombre de personnes sous traitement antirétroviral est, quant à lui, passé de 88 132 en 2024 à 105 498 en 2025. Parmi elles, 66 260 ont réalisé une charge virale, soit un taux de 63 %, et 59 102 présentent une charge virale supprimée, correspondant à 89 %.
Les indicateurs liés aux objectifs 95-95-95 progressent également, avec un taux de dépistage de 82 %, une mise sous antirétroviraux de 98 % et une suppression virale de 89 %, selon les chiffres communiqués lors de la rencontre.
Dr Abass Diakité a également fait état d’une baisse des nouvelles infections, passées de 6 809 en 2020 à 3 875 en 2025, soit une réduction de 43 %. Les décès attribuables au VIH/Sida sont également passés de 5 984 en 2020 à 3 916 en 2025, soit une baisse de 34 %.
L’offre de services s’est parallèlement élargie. Le nombre de sites de prévention de la transmission du VIH de la mère à l’enfant est passé de 439 en 2018 à 550 en 2025. Les sites de prise en charge du VIH sont passés de 142 à 214, tandis que les sites de conseil et dépistage volontaire ont progressé de 138 à 337 sur la même période.
Pour le secrétaire exécutif du CNLS, ces résultats sont le fruit des efforts conjugués des pouvoirs publics, des partenaires et des acteurs communautaires. Il a toutefois souligné que les performances pourraient être davantage améliorées si les ressources financières étaient suffisantes.
« La présente Assemblée m’offre l’occasion de lancer un appel pour l’accroissement des ressources afin que notre pays soit parmi ceux qui sont en passe d’atteindre les objectifs fixés pour 2030 », a-t-il déclaré.
Dr Abass Diakité a appelé les partenaires techniques et financiers à poursuivre leur appui à la Guinée et invité les départements ministériels et les entreprises à intégrer la lutte contre le VIH dans leurs programmes.
S’adressant aux personnes vivant avec le VIH, il a également souligné leur rôle central dans la riposte.
« L’objectif de mettre fin au Sida d’ici à l’horizon 2030 est atteignable si nous agissons maintenant et ensemble », a-t-il conclu.


Khaïté Sall appelle à renforcer les financements
Dans son discours, la ministre de la Santé et de l’Hygiène publique, Khaïté Sall, a relevé les défis liés au contexte international, notamment la raréfaction des financements, les crises climatiques et les tensions géopolitiques.
Elle a rappelé que l’Assemblée générale constitue un moment de reddition des comptes et d’orientation stratégique, soulignant que la bonne gouvernance passe également par la transparence dans la gestion des ressources consacrées à la riposte.
La ministre a estimé que la situation de la riposte au VIH/Sida en Guinée suscite de l’espoir, avec une stabilité de l’épidémie. L’ambition reste de contribuer à mettre fin à la pandémie du Sida à l’horizon 2030.
Pour y parvenir, elle a appelé à renforcer la mobilisation des ressources financières internes et externes, la prévention, la prise en charge globale du VIH, la lutte contre la stigmatisation et la discrimination ainsi que le suivi biologique des personnes vivant avec le VIH.


« Le Gouvernement guinéen prendra toute sa part de responsabilité pour renforcer le budget de la riposte au VIH », a-t-elle assuré, appelant en retour les acteurs à faire preuve de transparence, de rigueur dans l’exécution et d’unité dans l’action.
Mahawa Sylla : « Le Sida est toujours là »
La gouverneure de la ville de Conakry et présidente du Comité régional de lutte contre les IST/Sida, Mahawa Sylla, a également pris la parole.
Elle a rappelé son implication dans la lutte contre la maladie au niveau régional et l’importance de ce rendez-vous consacré à la reddition de comptes.
« Je ne cesserai de le répéter : le Sida est toujours là et ce problème continue de nous interpeller car il touche la vie de nos concitoyens », a-t-elle déclaré.
Selon elle, la tenue de cette Assemblée générale témoigne de la volonté des acteurs de rechercher des solutions durables pour faire du VIH/Sida un problème de santé publique qui puisse être éliminé.
La gouverneure a rendu hommage au président de la République, Mamadi Doumbouya, pour son engagement dans la lutte contre les IST/Sida et remercié le Premier ministre Amadou Oury Bah ainsi que son gouvernement pour les efforts engagés dans l’amélioration de la santé des populations.
Elle a également félicité le Secrétariat exécutif du CNLS, les acteurs et les partenaires pour les résultats obtenus.
« Le gouvernorat est à vos côtés et prend à bras-le-corps la lutte contre les IST/Sida », a-t-elle assuré.
L’ONU appelle à maintenir les investissements
Le coordinateur résident par intérim du système des Nations unies en Guinée, Zolira Diogo, a pour sa part insisté sur l’évolution du contexte international et la baisse des financements consacrés aux programmes de développement et de santé.
« Nous sommes dans un monde qui change, il faut qu’on s’y adapte », a-t-il déclaré.


Le représentant onusien a salué les progrès enregistrés en Guinée, qu’il a présentés comme le résultat d’un partenariat entre l’État, les professionnels de santé, les communautés et les partenaires.
Il a identifié trois priorités : garantir l’accès aux médicaments pour sauver des vies, continuer à investir dans les communautés et intégrer pleinement la lutte contre le VIH au renforcement du système de santé.
Il a notamment insisté sur le rôle des organisations communautaires dans la prévention, l’accompagnement et le dépistage, estimant que la lutte contre le VIH ne peut être menée de manière isolée.
Face à l’insuffisance des ressources et aux retards dans certains financements, des recommandations ont été formulées pour accroître les ressources financières, faciliter les décaissements et réduire les délais de traitement des dossiers à tous les niveaux.
Au terme des travaux, la 12ᵉ Assemblée générale du CNLS doit ainsi permettre de renforcer la coordination multisectorielle et de définir les orientations nécessaires à la poursuite de la riposte au VIH/Sida, dans la perspective des objectifs fixés pour 2030.

 

 

Doura