CRIEF : le rôle présumé de Mamadi 49 Keita au cœur de l’enquête sur la gestion des examens nationaux
15 septembre 2026Conakry – Le Procureur spécial près la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF), Alphonse Charles Wright, a ordonné l’ouverture d’une enquête préliminaire sur la gestion financière des examens nationaux en Guinée. Dans cette procédure, le rôle présumé du Directeur général des Examens, Mamadi 49 Keita, figure parmi les éléments que les enquêteurs devront examiner.
Dans une correspondance datée du 15 septembre 2026, le parquet transmet à l’Office de répression des délits économiques et financiers une dénonciation faisant état de soupçons de détournement de deniers publics, de corruption d’agents publics et d’enrichissement illicite autour de l’organisation des examens nationaux.
Mamadi 49 Keita cité dans la dénonciation
Le document du parquet cite nommément Mamadi 49 Keita, présenté comme Directeur général des Examens. La dénonciation évoque notamment un patrimoine immobilier dont l’origine devra être vérifiée par les enquêteurs.
Selon les éléments transmis à la CRIEF, le responsable aurait notamment dans son patrimoine présumé deux concessions à Sanoyah, une école privée à Kassogna, une autre école privée ainsi qu’une villa à Kankan et un appartement à ADOHA, dans la cité Coléah.
Ces éléments constituent des allégations contenues dans la dénonciation et devront être établis ou infirmés par l’enquête. Aucune culpabilité n’est établie à ce stade.
Des milliards de francs guinéens à examiner
L’enquête porte également sur plusieurs sommes générées lors de la session 2026 à travers différentes prestations liées aux examens.
Le parquet cite notamment 5,724 milliards de GNF pour les cartes spéciales examens, 8,585 milliards de GNF pour les frais de diplômes et relevés de notes des candidats admis au baccalauréat, 618,120 millions de GNF pour la légalisation des diplômes et relevés de notes, ainsi que 5,724 milliards de GNF au titre des photos spéciales examens.
Selon la dénonciation, certaines de ces recettes n’auraient pas été reversées au Trésor public conformément aux règles de comptabilité publique.
Les enquêteurs devront donc déterminer l’origine exacte des fonds, les circuits de collecte et de reversement, les personnes impliquées dans leur gestion ainsi que l’existence éventuelle d’infractions pénales.
Une responsabilité liée aux fonctions exercées
Le rôle de Mamadi 49 Keita est particulièrement scruté en raison des responsabilités exercées par la Direction générale des Examens.
Dans des communications publiques antérieures, il est intervenu sur plusieurs aspects de l’organisation des examens, notamment la sécurisation des candidats et la numérisation des procédures. En 2023, il avait notamment présenté un logiciel destiné à sécuriser les photos des candidats grâce à un système de codage.
En 2025, il avait également expliqué que des outils de croisement de données avaient permis à son service d’identifier 38 faux candidats au baccalauréat, illustrant le rôle de la direction dans le contrôle et la gestion des candidatures.
Pour la session 2026, il avait encore publiquement défendu le renforcement de la sécurisation des sujets, du contrôle des surveillants et correcteurs ainsi que l’utilisation d’outils numériques contre la fraude.
Une enquête qui remonte jusqu’à 2010
L’investigation ordonnée par le parquet ne se limitera toutefois pas à la session 2026. Alphonse Charles Wright demande qu’elle soit élargie à la gestion financière des examens nationaux de 2010 à 2026.
Elle devra notamment porter sur les primes de surveillance, les indemnités des correcteurs et secrétariats, les frais de déplacement et de supervision, le transport et le stockage des malles de sujets ainsi que l’acquisition d’équipements numériques.
Le financement des infrastructures scolaires devra également être examiné, notamment la gestion d’une enveloppe mobilisée en septembre 2026 à travers l’Agence nationale de financement de l’éducation (ANAFE).
L’enquête devra ainsi permettre de déterminer si des irrégularités ont été commises, leur ampleur éventuelle et les responsabilités individuelles qui pourraient en découler.
Doura


