Mamadi Doumbouya aux ministres : « Un ministre ne gouverne pas depuis son bureau
4 septembre 2026Le président de la République, Mamadi Doumbouya, a placé la discipline dans l’exécution, la qualité de la dépense publique et les résultats mesurables au cœur de ses instructions au Gouvernement lors du Conseil des ministres. À cette occasion, le chef de l’État a décliné cinq exigences majeures destinées à renforcer le suivi des projets et réformes inscrits dans le cadre de Simandou 2040.
La discipline dans l’exécution
Première exigence du président : instaurer davantage de rigueur dans la mise en œuvre des projets et réformes gouvernementaux.
Mamadi Doumbouya a demandé que chaque projet et chaque réforme inscrits au portefeuille de Simandou 2040 soient assortis de jalons et d’échéances précis. Pour le chef de l’État, ces échéances ne doivent pas avoir un caractère simplement indicatif.
Il a ainsi annoncé la mise en place, à compter de ce mois, d’un tableau de bord mensuel de l’exécution physique et financière. Ce document devra être transmis au Secrétariat général du Gouvernement ainsi qu’au Comité stratégique de Simandou.
Les taux d’exécution feront également l’objet d’un examen en Conseil, afin de permettre un suivi régulier de l’avancement des différents projets.
La qualité de la dépense publique
La deuxième exigence concerne la gestion des ressources publiques.
Le président a indiqué que l’État a mobilisé, avec l’appui du secteur privé, des financements d’une ampleur inédite dans l’histoire du pays. Une telle confiance, selon lui, impose une responsabilité accrue dans l’utilisation des ressources.
Chaque franc engagé doit ainsi contribuer à produire des résultats concrets pour la population. Le chef de l’État dit ne vouloir tolérer ni gaspillage, ni dépense de prestige, ni marchés attribués en marge des procédures.
Cette instruction vise notamment à renforcer la rigueur dans la passation et l’exécution des marchés publics ainsi que dans le contrôle de la dépense.
Aucun projet sans maturation préalable
Troisième exigence : la maturation des projets.
Mamadi Doumbouya a insisté sur la nécessité de ne plus inscrire ou financer un projet sans disposer au préalable des éléments techniques et juridiques indispensables à sa réalisation.
Ainsi, tout projet devra notamment reposer sur une étude de faisabilité complète, un montage juridique sécurisé et un plan de maintenance.
Le président a déploré les pratiques du passé consistant à inaugurer des infrastructures ou équipements dont l’État n’était ensuite pas en mesure d’assurer correctement l’entretien.
L’objectif affiché est donc de privilégier des projets suffisamment préparés, soutenables et durables.
Le contenu local et l’emploi des Guinéens
La quatrième exigence porte sur le contenu local et l’emploi des Guinéens.
Pour le chef de l’État, les investissements accueillis par la Guinée doivent davantage bénéficier aux citoyens à travers la formation, l’emploi et le développement des compétences nationales.
« Chaque franc guinéen engagé doit produire un résultat visible, mesurable et vérifiable », souligne l’instruction présidentielle.
Dans cette dynamique, Mamadi Doumbouya a demandé la présentation d’un point d’étape trimestriel consacré aux engagements de contenu local souscrits par chacun des partenaires.
Cette exigence vise notamment à s’assurer que les investissements liés à Simandou se traduisent par davantage d’opportunités pour les entreprises et travailleurs guinéens.
Une présence accrue des ministres sur le terrain
Enfin, la cinquième exigence concerne la présence des membres du Gouvernement sur le terrain.
« Un ministre ne gouverne pas depuis son bureau », a martelé Mamadi Doumbouya, appelant les ministres à se rendre régulièrement sur les chantiers, dans les préfectures, sous-préfectures, districts et villages, au contact direct des populations dont ils ont la charge.
À travers cette instruction, le président entend renforcer la proximité entre l’administration et les citoyens, mais aussi permettre aux ministres de constater directement l’état d’avancement des projets et les difficultés rencontrées sur le terrain.
Une nouvelle méthode de pilotage
À travers ces cinq exigences, Mamadi Doumbouya veut instaurer une culture davantage axée sur les résultats, la responsabilité et le suivi de l’action publique.
Le dispositif annoncé repose ainsi sur des échéances précises, un suivi mensuel de l’exécution physique et financière, une meilleure qualité de la dépense, une maturation rigoureuse des projets, la promotion du contenu local et une présence renforcée des responsables publics sur le terrain.
Des orientations qui s’inscrivent dans la volonté affichée du pouvoir de faire de Simandou 2040 un cadre structurant du développement économique et social de la Guinée, avec l’obligation pour les différents départements ministériels de transformer les annonces et engagements en réalisations concrètes.
Abdourahmane Koula Diallo


