Forécariah : 20 organisations de la société civile africaine exigent une enquête indépendante après la découverte de six corps

Forécariah : 20 organisations de la société civile africaine exigent une enquête indépendante après la découverte de six corps

31 août 2026 Non Par LA RÉDACTION

La découverte de six corps dans une fosse commune à Forécariah continue de susciter de vives réactions. Vingt organisations de la société civile africaine demandent aux autorités guinéennes de faire toute la lumière sur cette affaire et de garantir une enquête indépendante, impartiale et transparente.
Dans une déclaration publiée le 30 août 2026 à Brazzaville, les organisations, parmi lesquelles AfrikaJom, Tournons La Page, Africtivistes, Y’en a Marre, le FNDC, la Ligue guinéenne des droits de l’homme (LGDH) et Mémoire Guinée, disent dénoncer avec « la plus grande indignation » la découverte des corps dans le district de Sabakhouré, sous-préfecture d’Allassoyah, dans la préfecture de Forécariah.
Selon cette déclaration, les six corps avaient été retrouvés le 24 août 2026 dans une fosse. Les organisations affirment que les victimes avaient notamment les yeux et la bouche bandés et les mains ligotées. Elles estiment que ces circonstances nécessitent que toutes les hypothèses soient examinées par la justice, notamment celle d’éventuelles exécutions extrajudiciaires, sommaires ou arbitraires.
Des organisations réclament des expertises médico-légales
Les signataires demandent au gouvernement guinéen de rendre compte de l’enquête ouverte par le parquet de Forécariah. Ils réclament notamment l’intervention d’experts médico-légaux nationaux et internationaux afin de permettre l’identification formelle des victimes.
Ils demandent également la réalisation d’autopsies et de tests ADN, ainsi que la communication des résultats aux familles dans les meilleurs délais.
La protection des témoins, des proches des victimes et des défenseurs des droits humains chargés de documenter l’affaire figure également parmi leurs principales revendications.
Une demande d’implication des organisations internationales
Les organisations indiquent avoir saisi, le 27 août, plusieurs acteurs internationaux, dont le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme, les ambassades de France et des États-Unis, la Délégation de l’Union européenne ainsi que des organisations internationales de défense des droits humains.
Elles annoncent également une démarche auprès de la CEDEAO, en collaboration avec le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme, afin de solliciter une mission urgente d’établissement des faits par la CEDEAO et la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples.
Les signataires appellent par ailleurs la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples, le Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine et les partenaires de la Guinée à soutenir les démarches visant à établir les circonstances exactes de la mort des six personnes.
Le précédent de 2025 évoqué
Dans leur déclaration, les organisations font également référence à la découverte de quatre autres corps dans la préfecture de Forécariah en octobre 2025. Elles déplorent l’absence, selon elles, de conclusions d’enquête rendues publiques concernant cette précédente affaire.
Elles affirment par ailleurs avoir documenté au moins 35 cas de disparitions forcées en Guinée depuis septembre 2021.
Pour les organisations signataires, la priorité doit désormais être donnée à l’identification des victimes, à l’établissement des circonstances de leur décès et à la recherche des éventuels responsables.
« Plus de fosses communes, plus de disparus sans nom, plus d’impunité », plaident-elles, estimant que le respect de la dignité humaine et l’État de droit ne peuvent être négociés.
Les autorités judiciaires guinéennes ont ouvert une enquête sur la découverte des six corps. Les investigations devront notamment permettre de déterminer l’identité des victimes, les circonstances de leur mort et les responsabilités éventuelles.

Yayé Barry