Affaire Bella Bah : malgré le pardon de l’imam, l’activiste toujours pas libéré
12 août 2026–Plus de 24 heures après la sortie du premier imam de la Grande Mosquée Fayçal, Elhadj Mamadou Saliou Camara, qui a publiquement accordé son pardon à Bella Bah et appelé les autorités à le libérer, l’activiste guinéen reste toujours détenu, selon les informations disponibles.
Dans une déclaration rendue publique mardi 11 août, le dignitaire religieux avait appelé à l’apaisement et demandé aux autorités de faire preuve de clémence envers le fondateur d’école, interpellé quelques jours auparavant après une publication controversée le visant. L’imam avait notamment expliqué considérer Bella Bah comme « son fils » et souhaité qu’il soit relâché.
Cette intervention n’a, pour l’heure, pas été suivie d’une libération connue de l’activiste. Aucune communication officielle permettant de préciser son statut judiciaire, le lieu exact de sa détention ou les éventuelles charges retenues contre lui n’a été rendue publique.
L’affaire avait débuté après une publication de Bella Bah sur les réseaux sociaux, dans laquelle il critiquait vivement le premier imam de Conakry. Le message, rapidement supprimé, avait précédé de quelques heures son interpellation à son établissement scolaire situé dans la banlieue de Conakry. Sa famille avait ensuite fait état de sa disparition, avant que des sources ne l’auraient localisé dans les locaux de la Direction de la police judiciaire (DPJ).
Le pardon suffit-il à mettre fin aux poursuites ?
La question juridique se pose désormais avec insistance : le pardon de la personne qui s’estime offensée entraîne-t-il automatiquement la fin de l’action publique ?
En principe, la réponse dépend de la nature exacte des faits reprochés et des infractions éventuellement retenues par les autorités judiciaires. Le pardon de la victime ou de la personne visée peut avoir une portée importante dans certaines procédures, notamment lorsque la loi prévoit que la plainte ou la volonté de la partie concernée conditionne les poursuites. Mais il ne signifie pas nécessairement, à lui seul, l’extinction automatique de l’action publique.
Dans le cas de Bella Bah, l’absence de communication officielle ne permet donc pas, à ce stade, de déterminer si son maintien en détention relève d’une procédure judiciaire déjà engagée, d’une enquête en cours ou d’une autre décision des autorités.
La prise de position d’Elhadj Mamadou Saliou Camara donne toutefois une dimension particulière à l’affaire. Figure religieuse très écoutée en Guinée, le premier imam a non seulement pardonné Bella Bah, mais a également demandé publiquement au gouvernement de le libérer.
Yayé Barry


