États-Unis : les Guinéens pourraient devoir verser jusqu’à 20 000 dollars de caution pour obtenir un visa
3 août 2026À compter de ce lundi 3 août, les ressortissants de plusieurs pays africains, dont la Guinée, peuvent être soumis à une nouvelle exigence pour obtenir un visa américain de tourisme ou d’affaires. L’administration du président Donald Trump a rendu permanent un programme pilote imposant, dans certains cas, le versement d’une caution pouvant atteindre 20 000 dollars.
La mesure, publiée vendredi au Federal Register par le Département d’État américain, concerne les visas non-immigrants de catégories B-1 (affaires) et B-2 (tourisme). Elle autorise les agents consulaires à demander une garantie financière comprise entre 10 000, 15 000 ou 20 000 dollars, selon le profil du demandeur.
Une caution évaluée au cas par cas
Le montant de la caution n’est pas automatique ni identique pour tous les candidats. Les autorités consulaires prennent en compte plusieurs critères, notamment le motif du voyage, la situation professionnelle, les revenus ainsi que les attaches du demandeur avec son pays d’origine.
Selon les autorités américaines, cette somme sera remboursée intégralement, sans intérêts, dès lors que le voyageur respecte les conditions de son visa et quitte les États-Unis dans les délais prévus. En revanche, tout dépassement de séjour ou toute violation des règles migratoires pourra entraîner la confiscation de la caution.
Le plafond de cette garantie financière sera réévalué tous les sept ans afin de tenir compte de l’inflation, à partir du 1er octobre 2027.
La Guinée figure parmi une trentaine de pays africains visés par cette politique, aux côtés notamment de l’Algérie, de la Côte d’Ivoire, du Sénégal, du Nigeria, du Bénin, de la Gambie, de la Mauritanie, du Togo, de la Tanzanie et de l’Éthiopie.
Une vingtaine d’autres États hors d’Afrique, dont Cuba, le Venezuela, le Cambodge, le Népal, la Mongolie et la Géorgie, sont également concernés par cette mesure, progressivement étendue depuis le lancement du programme pilote en 2025.
L’administration américaine explique cette décision par la volonté de renforcer le contrôle de l’immigration, conformément au décret présidentiel « Protecting the American People Against Invasion », qui prévoit un durcissement des garanties financières exigées pour certains voyageurs.
Washington affirme que cette politique a permis de réduire de manière significative les dépassements de séjour parmi les nationalités concernées. Les autorités estiment également qu’une expulsion d’un migrant en situation irrégulière coûte en moyenne 18 000 dollars, soit un montant proche de celui de la caution maximale.
Toutefois, le dispositif a eu un impact important sur les demandes de visa. Selon les chiffres avancés par l’administration américaine, les demandes provenant des pays concernés auraient diminué de 83 % durant la phase pilote. Prévu au départ pour environ 2 000 candidats par an, le programme aurait finalement concerné près de 20 000 demandeurs au cours de sa première année.
Des critiques d’organisations de défense des droits
Plusieurs organisations de défense des droits humains dénoncent une mesure jugée discriminatoire et financièrement dissuasive. Elles estiment que cette caution risque de limiter l’accès aux États-Unis pour des voyageurs respectant pourtant les règles, qu’ils se déplacent pour des raisons professionnelles, familiales ou touristiques.
Yayé Barry



