Violences de Koliagbé : le TPI de Kindia condamne neuf accusés, jusqu’à 10 ans de prison
2 août 2026Le Tribunal de première instance (TPI) de Kindia a rendu son verdict, ce vendredi, dans l’affaire des violences survenues en mars 2024 à Koliagbé, dans la sous-préfecture de Friguiagbé. Après plusieurs semaines de débats, neuf des quinze prévenus ont été condamnés à des peines allant de deux à dix ans de prison ferme, tandis que six autres ont été relaxés faute de preuves suffisantes.
Dans sa décision, le tribunal a reconnu cinq accusés coupables de complicité d’incendie volontaire, destruction de biens privés et vol. Ils ont été condamnés à dix ans d’emprisonnement ferme.
Un sixième prévenu, déclaré coupable d’incendie volontaire, destruction de biens privés et vol, a également écopé de dix ans de prison ferme.
Par ailleurs, deux autres accusés ont été condamnés à trois ans d’emprisonnement ferme pour vol et destruction de biens privés.
La seule femme poursuivie dans cette procédure a, quant à elle, été reconnue coupable des mêmes faits. Elle a été condamnée à trois ans de prison, dont un an avec sursis, ainsi qu’au paiement d’une amende de cinq millions de francs guinéens.
En revanche, les six autres prévenus ont été relaxés, le tribunal estimant que les éléments produits au dossier ne permettaient pas d’établir leur culpabilité.
Des violences déclenchées après un décès en détention
Les faits remontent aux 17 et 18 mars 2024 dans le district de Koliagbé. La mort de Naby Camara, survenue à la prison civile de Kindia où il était détenu, avait provoqué une vive émotion dans la localité.
Persuadés qu’Ibrahima Kalil Diallo, connu sous le surnom de « Marcos », était à l’origine de la procédure judiciaire ayant conduit à son incarcération, des proches du défunt s’en étaient pris à ses biens ainsi qu’à ceux de sa famille.
Appuyés par d’autres habitants, ils avaient incendié trois habitations, trois véhicules et une plantation, causant d’importants dégâts matériels.
À la suite de ces violences, le procureur de la République près le TPI de Kindia avait ordonné l’interpellation de plusieurs suspects. Quinze personnes avaient finalement été renvoyées devant la justice pour répondre des faits d’incendie volontaire, de complicité, de destruction de biens privés et de vol.
Un conflit foncier à l’origine des tensions
Cette affaire trouve son origine dans un conflit domanial vieux de plus de vingt ans opposant plusieurs familles de la zone autour de la propriété de terres. Ce différend a déjà donné lieu à plusieurs procédures judiciaires et à des affrontements violents.
En mars 2020, un précédent conflit entre les localités de Kambalia et Goléah, autour d’un domaine situé à Wondélaya, avait fait deux morts après l’intervention des forces de sécurité. Une vingtaine de personnes avaient alors été interpellées.
Des manifestations après les arrestations
Le dossier avait également provoqué des manifestations le 19 avril 2024. Des habitants de Koliagbé avaient dressé des barricades sur la Route nationale n°1 Coyah-Kindia pour protester contre l’arrestation de plusieurs jeunes soupçonnés d’avoir participé aux destructions.
La circulation avait été paralysée durant plusieurs heures avant un retour au calme grâce à l’intervention des autorités.
Avec ce jugement, le Tribunal de première instance de Kindia met fin à plusieurs mois de procédure judiciaire. Cette affaire remet toutefois en lumière la persistance des conflits fonciers dans la préfecture de Kindia et la nécessité de trouver des solutions durables afin d’éviter de nouvelles violences.
Yayé Barry


