Sommet de la CEDEAO : Mamadi Doumbouya plaide pour une approche inclusive envers les régimes militaires
20 juillet 2026Lungi, Sierra Leone – Le président guinéen, Mamadi Doumbouya, a lancé un appel en faveur d’une approche plus inclusive de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) à l’égard des pays dirigés par des militaires, lors du 69ᵉ sommet ordinaire de l’organisation tenu à Lungi, près de Freetown.
Le chef de l’État , devant ses pairs a rappelé les origines de l’organisation sous-régionale pour défendre sa position.
« Les militaires sont une partie de nous. Ils ne sont ni plus ni moins que des enfants du peuple », a déclaré Mamadi Doumbouya devant ses homologues.
Pour étayer son argumentaire, il a souligné que les fondateurs de la CEDEAO étaient majoritairement issus des forces armées.
« Le 28 mai 1975, à Lagos, ils étaient 15 pères fondateurs à créer notre communauté qui, depuis plus d’un demi-siècle, nous réunit. Quinze pères fondateurs, parmi lesquels 10 militaires et 5 civils. Donc, l’écrasante majorité des fondateurs était issue de l’armée. Leur attachement à la paix et à l’unité n’a jamais été démenti », a-t-il affirmé.
Le président guinéen a ensuite insisté sur le rôle des armées dans la préservation de la stabilité régionale.
« Les militaires sont une partie de nous. Ils ont consenti le sacrifice de leur vie pour préserver notre paix commune. Leur uniforme ne saurait donc constituer leur exclusion de la vie et de la gestion de notre communauté. Ils ne sont ni plus ni moins que des enfants du peuple. Et notre Afrique, dans cette conception, ne constitue pas une exception », a-t-il ajouté.
Cette prise de position intervient dans un contexte où plusieurs États de la sous-région, notamment le Mali, le Burkina Faso et le Niger, sont dirigés par des autorités militaires. Ces trois pays ont quitté la CEDEAO pour former l’Alliance des États du Sahel (AES), après plusieurs mois de tensions avec l’organisation régionale.
L’intervention de Mamadi Doumbouya, lui-même arrivé au pouvoir à la suite d’un coup d’État en septembre 2021, apparaît comme un plaidoyer en faveur d’un dialogue renforcé entre la CEDEAO et les États dirigés par des militaires, dans un contexte où l’organisation cherche à préserver l’intégration régionale et la stabilité en Afrique de l’Ouest.
Yayé Barry



