Affaire Ahmed Kanté : les débats se poursuivent à la CRIEF, renvoi au 29 juin
24 juin 2026La Cour de Répression des Infractions Économiques et Financières (CRIEF) a poursuivi, ce lundi, l’ex-ministre des Mines Ahmed Kanté, Oumar Bah, Mamadou Alpha Sylla, Aboubacar Sidiki Kanté et plusieurs autres prévenus pour des faits présumés de corruption, détournement de deniers publics, prise illégale d’intérêts, blanchiment de capitaux, escroquerie, déclarations irrégulières relatives aux souscriptions et versements, enrichissement illicite, complicité et diverses infractions liées à la constitution de sociétés.
Dans ce dossier, les ayants droit de feu Claude Lorcy, représentés par Mme Fatoumata Dramé, se sont constitués partie civile. Ils revendiquent des parts sociales dans plusieurs sociétés minières dont la valeur est estimée à près de 75 millions de dollars.
Au cours de l’audience, Ahmed Kanté et son avocat, Maître Aboubacar Sidiki Kanté, ont comparu devant la chambre de jugement. L’avocat est notamment poursuivi pour des faits qualifiés d’« escroquerie à la justice ». Il lui est reproché d’avoir déposé une requête visant à obtenir une ordonnance relative à une prétendue contestation concernant la société GIC, alors qu’aucune procédure de contestation n’aurait existé devant le tribunal de commerce.
Selon la partie civile, cette démarche aurait permis aux sociétés liées à Ahmed Kanté de poursuivre leurs activités sur les périmètres miniers litigieux alors qu’une décision judiciaire était attendue. Les héritiers de Claude Lorcy soupçonnent également Ahmed Kanté d’avoir modifié les statuts de certaines sociétés afin d’écarter leur défunt parent de l’actionnariat.
Face aux juges, l’ancien ministre des Mines a rejeté l’ensemble des accusations portées contre lui.
« C’est Ahmed Kanté, personne physique, qui est poursuivi dans ce dossier. Je n’ai pas mandaté Maître Kanté pour agir en mon nom personnel. Les sociétés concernées sont GIC et AGB2. Le tribunal de commerce a déjà apporté des éclaircissements dans un précédent dossier qui a ensuite été transmis à la CRIEF », a-t-il déclaré.
Ahmed Kanté a également contesté toute accusation d’escroquerie. Il a expliqué être actionnaire majoritaire de GIC, précisant que cette société détient 95 % des actions d’AGB2.
« La plainte a été portée contre ma personne physique. Je suis actionnaire de GIC et administrateur général d’AGB2. L’acte à l’origine de la plainte est faux », a soutenu l’ancien ministre.
Les débats ont également porté sur la requête n°086 déposée par Maître Aboubacar Sidiki Kanté auprès du président du tribunal de commerce afin d’obtenir une ordonnance faisant état de l’existence d’une procédure d’inscription de faux. C’est cette initiative qui est aujourd’hui au cœur des poursuites engagées contre l’avocat.
Pendant plusieurs heures, Maître Aboubacar Sidiki Kanté a répondu aux questions des avocats de la partie civile et du ministère public. Profitant des débats, Maître Alpha Yaya Dramé a sollicité la jonction de cette procédure avec un autre dossier impliquant Ahmed Kanté devant la CRIEF.
Après examen de la demande, le tribunal a rejeté la jonction des deux affaires et ordonné la poursuite des débats.
À l’issue de l’audience, la Cour a renvoyé l’affaire au 29 juin prochain pour la suite des débats.
Mondemedia.info



