Guinée : Mamadi Doumbouya interdit l’exportation de l’or brut et impose le raffinage local
21 juin 2026Le président de la République, Mamadi Doumbouya, franchit une nouvelle étape dans la réforme du secteur minier. Après la bauxite, le chef de l’État annonce la fin progressive de l’exportation de l’or brut afin de privilégier son raffinage en Guinée, avec l’ambition d’accélérer l’industrialisation et de renforcer la souveraineté économique du pays.
Le gouvernement guinéen poursuit sa stratégie de transformation locale des ressources minières. Vendredi 19 juin 2026, le président de la République, Mamadi Doumbouya, a réuni les principaux acteurs du secteur aurifère afin de leur présenter une nouvelle orientation : l’or extrait en Guinée devra désormais être raffiné sur le territoire national avant toute exportation.
Cette décision marque une nouvelle phase dans la politique d’industrialisation engagée par les autorités de la transition. Après les importantes réformes menées dans la filière bauxite, l’exécutif entend désormais faire de l’or un moteur de création de valeur ajoutée, d’emplois et de recettes pour l’économie nationale.
Une rupture avec le modèle d’exportation des matières premières
Face aux représentants des sociétés minières industrielles, semi-industrielles, des exploitants artisanaux et des comptoirs d’achat d’or, Mamadi Doumbouya a été catégorique : l’exportation de l’or brut appartient désormais au passé.
Selon le chef de l’État, la Guinée ne peut plus se limiter au rôle de simple fournisseur de matières premières destinées aux industries étrangères. Le raffinage local permettra au pays de mieux valoriser ses ressources, de renforcer sa souveraineté économique et de développer une véritable industrie minière.
Nimba Gold Refinery au cœur de la stratégie
L’ensemble de la production aurifère sera progressivement orienté vers la raffinerie Nimba Gold Refinery, implantée à Gbessia Cité de l’Air, dans la commune de Gbessia.
Présentée comme une infrastructure de dernière génération, cette raffinerie dispose d’une capacité de traitement pouvant atteindre 2 000 kilogrammes d’or par jour, extensible à 4 000 kilogrammes en fonctionnement continu.
Grâce à ses équipements modernes, elle permettra notamment :
la production de lingots d’or conformes aux normes internationales ;
la récupération de métaux précieux secondaires comme l’argent ;
une traçabilité numérique complète de la production ;
le recyclage de déchets électroniques contenant des métaux précieux ;
un contrôle qualité permanent avec un impact environnemental réduit.
Des milliers d’emplois attendus
Pour les autorités, ce projet constitue un levier majeur de développement économique. Le raffinage local devrait favoriser la création de milliers d’emplois directs et indirects, renforcer les compétences nationales, accroître les recettes fiscales et attirer de nouveaux investissements dans le secteur minier.
Cette politique s’inscrit dans le cadre du programme Simandou 2040, qui ambitionne de transformer la Guinée en une puissance industrielle fondée sur la valorisation locale de ses ressources naturelles.
Une industrialisation jugée irréversible
Depuis avril 2022, Mamadi Doumbouya plaide pour la transformation locale des minerais. Cette orientation a déjà conduit au lancement de plusieurs projets, notamment la construction de trois raffineries d’alumine sur le territoire national.
Avec cette nouvelle réforme du secteur aurifère, les autorités affirment vouloir franchir un nouveau cap dans l’industrialisation du pays. L’objectif affiché est que les richesses minières profitent davantage à l’économie nationale, tout en réduisant la dépendance vis-à-vis des exportations de matières premières brutes.
La Rédaction de Guinee3.net avec la DCI-PRG



