Qui pour présider la future Assemblée nationale ?
13 juin 2026La Cour suprême doit prochainement proclamer les résultats définitifs des élections législatives du 31 mai. Les 147 députés seront alors officiellement connus et pourront entamer la mise en place de la nouvelle Assemblée nationale. Leur première grande mission consistera à élire le président de l’institution, les vice-présidents, les questeurs ainsi que les autres membres du bureau.
En coulisses, plusieurs personnalités politiques activent déjà leurs réseaux pour espérer décrocher le prestigieux « perchoir », avec, en toile de fond, une interrogation majeure : qui bénéficiera de la confiance du président de la République, le général Mamadi Doumbouya ?
Parmi les noms les plus souvent cités figure Makalé Traoré, présidente du PACT. Ancienne ministre de la Fonction publique, elle avait dirigé la campagne présidentielle d’Alpha Condé en 2010. Plus récemment, le chef de l’État l’avait désignée parmi les facilitatrices du dialogue inter-guinéen. Si son important carnet d’adresses constitue un atout, son parti ne fait toutefois pas partie des principales formations alliées au GMD, ce qui pourrait compliquer ses ambitions. Elle espère néanmoins obtenir le soutien du président de la République.
Autre prétendant, Aboubacar Sylla, président de l’UFC, dispose d’une longue expérience politique. Ancien ministre sous plusieurs régimes, notamment durant la transition conduite par Jean-Marie Doré, puis sous Alpha Condé, il a également été porte-parole de l’opposition et député. Élu en 2013 sur la liste de l’UFDG avant de retrouver son parti, l’UFC, il est considéré comme un fin connaisseur de l’institution parlementaire. Son principal handicap reste cependant le faible poids de son parti, qui n’a obtenu qu’un seul siège lors de ces élections.
Le nom de Jean Paul Cedy, ancien ministre de l’Éducation nationale, revient également avec insistance. Réputé pour sa rigueur et son profil de technocrate, il a été élu sous la bannière d’un petit parti allié au GMD. Son image d’homme de consensus pourrait jouer en sa faveur.
Charlotte Daffé, ancienne ministre de l’Action sociale sous la transition, est également évoquée. Son profil pourrait répondre à une volonté de promouvoir davantage les femmes aux plus hautes responsabilités de l’État. À ce jour, aucune femme n’a dirigé l’Assemblée nationale en Guinée.
Enfin, Dansa Kourouma, actuel président du Conseil national de la transition (CNT), apparaît comme l’un des candidats les plus sérieux. Issu de la société civile, il a été choisi par le président Mamadi Doumbouya pour conduire les travaux du CNT, notamment l’élaboration de la nouvelle Constitution. Élu député sur la liste de l’UMP, formation alliée au GMD ayant obtenu le plus grand nombre de sièges parmi les partis en lice, il pourrait faire valoir son expérience institutionnelle. Ses partisans mettent en avant le travail législatif accompli durant la transition, tandis que ses détracteurs estiment qu’il incarne davantage la continuité du système.
Au-delà de ces différents profils, une autre hypothèse demeure : celle d’un candidat surprise. Le président Mamadi Doumbouya pourrait, comme l’avait fait Alpha Condé en choisissant feu Claude Kory Kondiano à la tête du Parlement, miser sur une personnalité moins attendue pour diriger la future Assemblée nationale.
Une certitude demeure : le choix du futur président de l’Assemblée nationale dépendra autant des équilibres politiques issus des urnes que de la volonté du chef de l’État. Les prochains jours devraient être décisifs.



