CRIEF : le parquet réclame la confiscation des biens de Mohamed Lamine Bangoura

CRIEF : le parquet réclame la confiscation des biens de Mohamed Lamine Bangoura

10 juin 2026 Non Par LA RÉDACTION

La Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF) a franchi une nouvelle étape dans le procès de l’ancien président de la Cour constitutionnelle, Mohamed Lamine Bangoura. À l’issue des réquisitions du ministère public, le parquet a demandé une peine de dix ans d’emprisonnement ferme, une amende de 50 milliards de francs guinéens ainsi que la confiscation de l’ensemble des biens des prévenus.
Poursuivi pour détournement présumé de deniers publics, enrichissement illicite, blanchiment de capitaux, corruption et complicité, Mohamed Lamine Bangoura comparaît aux côtés de deux anciens responsables de la Cour constitutionnelle, Amadou Diallo et Sidiki Sylla. Ces derniers sont actuellement en fuite et font l’objet d’un mandat d’arrêt depuis novembre 2025.

Selon l’accusation, plusieurs dizaines de milliards de francs guinéens auraient été irrégulièrement gérés durant leur passage à la tête de l’institution. Les poursuites portent notamment sur un budget de fonctionnement de 20 milliards de francs guinéens, une enveloppe de 15 milliards destinée à l’organisation des élections de 2020 et des rétrocommissions présumées liées aux loyers du siège de la Cour constitutionnelle.
Au cours des débats, l’Agent judiciaire de l’État a soutenu que les prévenus n’avaient fourni aucune justification convaincante concernant l’utilisation de ces fonds publics. Il a également évoqué plusieurs acquisitions immobilières attribuées à Mohamed Lamine Bangoura, dont un duplex à Nongo et un immeuble à Dakar, dont l’origine des financements est contestée.

Face à ces accusations, la défense a dénoncé un dossier « vide » et dépourvu de preuves matérielles. Les avocats de l’ancien président de la Cour constitutionnelle ont demandé sa relaxe pure et simple, estimant que les infractions reprochées ne sont pas établies.
Après plusieurs heures de débats, la Chambre de jugement a mis l’affaire en délibéré. Le verdict est attendu le 27 juin 2026, une décision très attendue dans ce dossier emblématique de la lutte contre la corruption et la délinquance économique en Guinée.

Doura